Va-t-on voir enfin la fumée blanche ?

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Va-t-on voir enfin la fumée blanche ?

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12 août 2019
La stimulation fiscale et monétaire chinoise produit-elle déjà des effets ?

Temps de lecture estimé : 3’

En bref : 

  • Le consommateur américain est le pilier de l’économie et garde les cordons de la bourse grands ouverts.
  • L’inflation aux États-Unis reste sous contrôle et ne fait pas obstacle à un assouplissement de la politique de la Fed.
  • Les données économiques européennes restent de nature changeante.

Après un moment d'accalmie, les bourses ont tout de même clôturé la semaine écoulée en négatif. Jeudi, les investisseurs s'appuyaient encore sur des chiffres du commerce chinois supérieurs aux attentes. Ceux-ci étaient notamment soutenus par les exportations vers l'Europe et l’Asie. Les commandes d'usine allemandes pour le mois de juin constituaient un autre signal positif. Elles affichaient la plus forte hausse en glissement mensuel (+2,5%) depuis août 2017. La demande en provenance de l’extérieur de la zone euro, en particulier, affichait un joli bond.

Mais une hirondelle ne fait pas le printemps. Même deux hirondelles n’annoncent pas forcément le retour du beau temps. Au printemps déjà, il y avait eu quelques petits signaux positifs venant de Chine. Lesquels ne se sont pas confirmés par la suite. Et les chiffres encourageants sur les commandes d'usine allemandes de la semaine dernière ont été suivis, le lendemain, par des résultats moins favorables pour la production industrielle (-1,5% de mois en mois). La prudence reste donc de mise. La perspective de voir arriver quelques ‘jeunes pousses’ pour stimuler la croissance économique serait la bienvenue.

Les mesures incitatives chinoises portent-elles?

Regardons d'abord du côté de la Chine. Nous ne l’attendons pas dans l’immédiat, mais si à un moment donné, l'octroi de crédits et la croissance monétaire (nouveaux chiffres mercredi) sont en hausse, cela pourrait indiquer que les mesures de stimulation commencent à produire leurs effets. C'était le cas, par exemple, dans la période 2015-2016. À cette époque déjà, les décideurs chinois avaient mis en œuvre des mesures de soutien de l’économie. Ce qui s’est reflété par la suite dans la croissance monétaire. Par ailleurs, nous attendons après-demain des précisions sur la production industrielle et les ventes de détail en Chine.

En ce qui concerne la zone euro, nous avons déjà souligné à maintes reprises le lien direct avec la situation en Chine. Notre économie tournée vers l'exportation est sensible à ce qui s'y passe. L'Allemagne en est le plus bel exemple. En outre, tant que l’Europe ne mettra pas elle-même sur pied une politique de croissance plus affirmée, cette dépendance restera importante. Dès lors, les chiffres européens attendus ces prochains jours (p. ex. la croissance allemande au deuxième trimestre et la production industrielle dans la zone euro) ne mériteront sans doute pas l’appellation ‘nouvelle pousse’. Il n’est même pas impossible que l'économie allemande affiche un léger recul au deuxième trimestre par rapport aux trois mois précédents.

 

Le consommateur américain constitue un pilier

Pour le reste, il y a toute une série de chiffres américains au menu. Ils nous donneront une idée générale du bulletin de santé économique de l'Oncle Sam.

Nous tablons notamment sur le fait que les ventes de détail (chiffres jeudi) aient pu maintenir un rythme soutenu au mois de juillet. Et en corollaire, sur une confiance élevée des consommateurs (vendredi). Le consommateur, conforté par un marché du travail florissant, a été ces derniers mois le pilier de l'économie américaine.

La production industrielle (jeudi) rencontre plus de difficultés. Aux États-Unis aussi, elle souffre du ralentissement économique mondial. La baisse de confiance de la part de cette industrie est en outre l'une des raisons pour lesquelles la crainte de la récession étreint de temps à autre les investisseurs.

 

L'inflation n'est pas un obstacle aux États-Unis

Pour maintenir le niveau de croissance, ces mêmes investisseurs comptent sur de nouveaux abaissements de taux de la part de la Réserve fédérale. Il y a une semaine et demie, par exemple, quand la ‘crainte pour la croissance’ a refait surface après que Trump a menacé de nouvelles taxes à l’importation, les attentes quant à un nouvel abaissement de taux en septembre sont montées en flèche. À ce moment-là, les marchés financiers lui attribuaient même une probabilité de 100%.

L'inflation est évidemment un paramètre important dans la mise en œuvre de la politique de taux. Quoi qu'il en soit, nous ne pensons pas qu’à court terme, des obstacles se présenteront sur ce plan pour la Réserve fédérale. En témoigne notamment la pression décroissante sur les prix en ce qui concerne les « prix à la production ». Entendez par là les prix des produits au moment où ils quittent l’usine, avant qu’ils parviennent au consommateur via le commerce de détail. Demain, nous recevrons les chiffres de l’inflation aux États-Unis pour le consommateur (final) pour le mois de juillet.
 

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Du 12 au 62 Août

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Période

Consensus

Mardi

Allemagne Indice ZEW Aoû  
  États-Unis
Inflation CPI YoY Jul
 
    Inflation de base CPI YoY Jul  
Mercredi Allemagne PIB QoQ 2Q19  
  Zone euro Production industrielle YoY Jun  
 
PIB QoQ (2e estimation) 2Q19  
  Chine  Masse monétaire M2 YoY Jul  
    Encours de crédits YoY Jul  
    Production industrielle YoY Jul  
    Ventes de détail YoY Jul  
Jeudi États-Unis Ventes de détail MoM Jul  
    Production industrielle MoM Jul  
    Production d'usine MoM Jul  
Vendredi  États-Unis Confiance des consommateurs (U. Mich.) Jul