Une nouvelle baisse des taux par la FED est-elle plausible ?

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Une nouvelle baisse des taux par la FED est-elle plausible ?

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29 octobre 2019
Luc Aben analyse la question et nous donne sa réponse.

Temps de lecture estimé : 4 minutes

En bref : 

  • Le consommateur américain dépense moins 
  • Dans la zone Euro, rien de nouveau à signaler sur le plan économiqu
  • Pour l’instant, l’impact des mesures de stimulation chinoises est peu visible

L’agenda macro est bien rempli cette semaine, avec notamment une réunion stratégique de la Fed ce mercredi. Les marchés financiers tablent en tout cas sur un abaissement du taux. Ce qui est effectivement plausible. 

Des incertitudes subsistent

En juillet et septembre, lorsque la Fed avait déjà abaissé le taux directeur, elle avait avancé deux raisons spécifiques : le ralentissement de la croissance internationale (dû notamment à la guerre commerciale) et le faible niveau d'inflation attendu. Ces deux raisons sont toujours valables aujourd'hui. 
 
On note bien une légère amélioration entre la Chine et les États-Unis, si bien que le risque de nouvelles taxes ou d'un relèvement des taxes a quelque peu diminué. Mais il n’est pas encore question, pour l’heure, de l’annulation des taxes en vigueur. Quant aux attentes inflationnistes pour les ménages américains, elles ont encore été revues à la baisse. 
 
Par ailleurs, il pourrait apparaître mercredi que la croissance américaine au troisième trimestre est descendue à environ 1,7 % sur base annuelle. Le trimestre précédent, elle s’établissait encore à 2 %. Ce qui était déjà bien en-deçà des plus de 3 % enregistrés régulièrement les trimestres précédents. 

En outre, la croissance du marché de l’emploi aux États-Unis perd en intensité. Le nouveau rapport sur le marché de l'emploi attendu ce vendredi devrait faire état d’environ 100.000 nouveaux emplois sous-jacents en septembre. « Sous-jacents » parce que le chiffre sera faussé par une grève chez General Motors ces dernières semaines. Ce qui, dans l’intervalle, a réduit le décompte de 80.000 emplois selon les estimations. Mais ces emplois vont revenir. Quoi qu'il en soit, la « machine à emplois » est en baisse de régime aux États-Unis. Ce que confirment les récentes enquêtes auprès des chefs d’entreprise (Markit PMI). Si bien que la crainte, régulièrement exprimée depuis 2018, que le faible taux de chômage entraîne une forte hausse des salaires et de l'inflation, s’est largement estompée.

Bref, au vu de tout ce qui précède, une nouvelle baisse de taux est tout à fait plausible. D'autant que ces derniers temps, la Fed n’a tenu aucun propos - ou très peu - contredisant cette attente des marchés financiers.

Consommateur américain moins expansif

Quant à savoir si la Fed en a fini pour cette année, ou s'il y aura un autre ajustement de taux à la baisse en décembre, cela dépendra de l’évolution de la situation économique. Dès lors, au-delà des développements politiques, nous nous intéressons en premier lieu au consommateur. Au deuxième trimestre, il déliait encore généreusement les cordons de la bourse (4,6 % de croissance de la consommation sur base annuelle), mais nous estimons que le chiffre pour le troisième trimestre sera moins élevé (de l’ordre de 2,5 %). Si le marché du travail perd encore en dynamisme, la croissance de la consommation risque de continuer à s’effriter au cours des trois derniers mois de l'année. 

Jeudi, nous allons en tout cas recevoir les nouveaux chiffres sur les revenus et les dépenses pour le mois de septembre. Et demain sur la confiance des consommateurs telle que mesurée par le Conference Board.
 
À côté de cela, bien entendu, il y a aussi l’industrie américaine. L’ISM Manufacturing (publication jeudi) se situe déjà depuis deux mois dans la zone de contraction (en dessous de 50). Il est vrai que cette industrie ne représente que 12 % de l'économie dans son ensemble, mais c’est néanmoins un indicateur important du dynamisme sous-jacent.
 

La zone euro stagne à un faible niveau

Dans la zone euro aussi, on attend cette semaine la première estimation du taux de croissance pour le troisième trimestre. Non que le chiffre attendu soit très élevé. Un gain marginal de 0,1 % par rapport au trimestre précédent semble le maximum réalisable.

Le trimestre en cours a aussi commencé mollement. La demande de crédits (d’investissement) est médiocre (nouveaux chiffres sur le crédit aujourd'hui). Et la semaine dernière, les paramètres importants comme les Markit PMI (confiance des directeurs d'achat) n’ont pas encore montré de réelle amélioration. Même s'il faut préciser, pour nuancer quelque peu, que le mouvement baissier semble interrompu. Il reste à voir si ce sera le cas également des indicateurs de confiance plus étendus que la Commission européenne publiera après-demain. 

Mesures de stimulation chinoises peu efficaces pour l'instant

Enfin, nous nous intéressons à la confiance des chefs d’entreprise chinois. Ici, comme dans la zone euro, on s'attend au mieux à une stabilisation. Le conflit commercial est un frein et on attend de voir quel sera l’impact des mesures de stimulation chinoises. Celles-ci sont moins massives que lors des précédents ralentissements de la croissance (en 2015 par exemple). Pékin cherche un équilibre entre stimuler l’économie et éviter un nouvel accroissement trop rapide de son énorme dette. 
 

Principales publications macroéconomiques 

Du 28 octobre
au 1er novembre

Jour de publication

Région/Pays

Publication de

Période

Consensus

Lundi Zone euro Croissance du crédit YoY Sep 3,4 %
    Masse monétaire M3 YoY Sep 5,7 %
 Mardi  États-Unis Confiance des consommateurs CB Oct 127,4
Mercredi
 Zone euro Sentiment économique Oct 101,1

 États-Unis Croissance du PIB (base annuelle, 1e estimation) 3Q19 1,7 %
    Réunion stratégique de la FED    
 Jeudi  Chine NBS Manufacturing PMI Oct 49,8

  NBS Non-Manufacturing PMI Oct  
   Zone euro  Croissance du PIB (QoQ, 1e estimation) 3Q19  0,1 %
     CPI inflation YoY (flash)  Oct  0,8 %
     Inflation de base CPI  Oct  1,0 %
     Chômage  Sep  7,4 %
   États-Unis  Revenu personnel MoM  Sep  0,3 %
     Dépenses personnelles MoM  Sep  0,2 %
 Vendredi  États-Unis  Croissance des emplois   Sep  90K
     Salaires horaires MoM  Sep  0,3 %
     Chômage  Sep  3,6%
     ISM Manufacturing  Oct  48,8
   Chine  Caixin Manufacturing PMI  Oct  51,0