Un exercice d'équilibre difficile pour Powell

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Un exercice d'équilibre difficile pour Powell

Investissements
18 mars 2019
Nous pensons pour notre part que ce sera la deuxième possibilité qui sera retenue, le président Powell devant ensuite se livrer à un exercice d'équilibre difficile.

Le point le plus important de l’agenda économique cette semaine est sans conteste la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed).

Non pas qu’il se produira une adaptation du taux directeur, la probabilité à cet égard est nulle. Mais les banques centrales présenteront une actualisation de leurs prévisions pour l’économie américaine et la politique future en matière de taux d’intérêt.

Les marchés financiers pensent qu’il n’y aura pas de nouvelle augmentation des taux d’intérêt cette année. La Fed elle-même prévoit encore deux augmentations en ce moment. Elle réduira peut-être ce nombre cette semaine. La question est toutefois de savoir jusqu’à quel point : vers des augmentations nulles comme les marchés les perçoivent actuellement ? Ou tout de même, laisser ouverte l’option d’une seule augmentation des taux ?

Nous pensons pour notre part que ce sera la deuxième possibilité qui sera retenue, le président Powell devant ensuite se livrer à un exercice d’équilibre difficile. D’une part, il voudra s’en tenir à la stratégie adoptée en janvier, une stratégie de prudence. D’autre part, il devra également justifier qu’une nouvelle augmentation des taux pourrait néanmoins encore avoir lieu, et ce, sans mécontenter les investisseurs. 

Chiffres variables aux États-Unis

Il mettra peut-être l’accent sur le fait que la banque centrale se laissera fortement guider par les données concrètes qui seront publiées dans un avenir proche. Les chiffres économiques les plus récents présentent en tout cas un caractère quelque peu mitigé.

Ainsi, il semble que les ventes du commerce de détail aux États-Unis se dirigent vers un premier trimestre plus modéré, ce qui n’est pas illogique. L’effet de la baisse des impôts s’atténue lentement et les derniers chiffres du marché de l’emploi ont également déçu.


Par ailleurs, le secteur des services continue à tourner à plein rendement, du moins selon l’ISM Non-Manufacturing (= confiance des responsables des achats). Ce secteur des services représente la majeure partie de l’économie américaine. Donc même si la Fed réduit quelque peu sa prévision de croissance pour 2019, celle-ci se situera quand même dans la zone appréciable des 2,0 à 2,5 %.

Quand le bilan cessera-t-il de diminuer ?

Il convient en outre de guetter les nouvelles concernant la diminution du bilan de la Fed. Depuis 2018, la banque centrale américaine réinvestit moins d’obligations qu’il n’y en a d’arrivées à échéance dans son portefeuille. Elle soustrait ainsi des liquidités du système financier, cela après que son programme d’assouplissement quantitatif a injecté des liquidités nettes dans le système pendant des années. Cela a constitué à l’époque l’un des moteurs de la hausse des cours sur le marché tant des obligations que des actions. 

À l’inverse, la diminution du bilan est souvent citée comme l’une des raisons pour lesquelles 2018 n’a finalement pas été une bonne année d’investissement. Par conséquent, au plus tôt la Fed cessera finalement de comprimer son bilan, au plus les investisseurs apprécieront. Le consensus actuel est que ce moment se situera vers la fin octobre.

Si Powell pouvait donner des indices quant au fait que cette estimation est effectivement réaliste,  cela ne pourrait être que positif et constituer un certain contrepoids au fait que les responsables de la politique monétaire laissent encore ouverte la possibilité d’une augmentation des taux cette année. Car ce message ne pourra pas compter sur un large soutien de la part des investisseurs. 

Tabler sur une confiance des entreprises (au moins) stable 

Quant au reste, il faut guetter cette semaine les (flash) Markit PMI, tant aux États-Unis que dans la zone euro, mais aussi spécifiquement pour l’Allemagne.

Le malaise de l’industrie allemande depuis l’automne dernier pèse fortement sur la zone euro dans son ensemble. Initialement, la responsabilité a été imputée à des perturbations temporaires de la production dans le secteur automobile, mais il est progressivement apparu que le problème était plus profond. Le ralentissement de la croissance chinoise fait également sentir ses effets, par exemple.

Nous ne nous attendons pas à un changement radical du tableau d’ensemble du côté des PMI. En revanche, nous pensons qu’ils ne continueront pas à baisser en particulier dans la zone euro, de sorte que nous pouvons tabler sur l’atteinte d’un certain « plancher » dans le processus d’ajustement vers le bas des perspectives de croissance, tel que nous l’avons enduré ces dernières semaines en tant qu’investisseurs.


Principales publications macroéconomiques

Du 18 mars au 22 mars inclus

Jour de publication

Région/Pays

Publication de

Période

Consensus

Mardi

Allemagne

Indice ZEW

Mar

-18,7

Mercredi

Etats-Unis

Réunion de politique monetaire de la Fed

 


Jeudi

Zone euro

Confiance des consommateurs

Mar

-7,4

Vendredi

Etats-Unis

Markit PMI Manufacturing (flash)

Mar

53,7


 

Markit PMI Services (flash)

Mar

56,0

 

Zone euro

Markit PMI Manufacturing (flash)

Mar

49,4

 

 

Markit PMI Services (flash)

Mar

52,7