Toujours pas de fumée blanche pour le Brexit

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Toujours pas de fumée blanche pour le Brexit

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22 octobre 2019
Pas d’adaptation « inspirée Brexit » dans notre politique d’investissement.

Temps de lecture estimé : 4 minutes

En bref : 

  • Pour les marchés financiers, un accord sur le Brexit au 31 octobre est souhaitable
  • L’exposition au Royaume-Uni fortement réduite depuis des 
  • Cette semaine, concentrons-nous sur les Markit PMI, le baromètre de confiance des investisseurs

 

Toujours pas de fumée blanche pour le Brexit. Boris Johnson n’est pas parvenu à faire adopter son accord par le parlement britannique. Pire, il n’y a même pas eu de vote sur la proposition, les parlementaires voulant tout d’abord être certains que l’accord sera ancré dans la législation britannique. 

En forçant l’allure, cet ancrage pourrait déjà avoir lieu aujourd’hui, avec demain une nouvelle tentative de faire ratifier l’accord entre Londres et Bruxelles par le parlement. Mais, on verra bien. La lettre britannique pour solliciter un report du Brexit est en tout cas déjà arrivée. 

Quoi qu’il en soit, le risque que le Royaume-Uni sorte de l’UE sans accord le 31 octobre s’est de nouveau un peu réduit. À cette date, il y aura soit un « Brexit en douceur », soit un report avec dans l’intervalle peut-être des élections en novembre. Les conservateurs sont donnés vainqueurs dans les sondages. Si cette tendance devait effectivement se concrétiser dans les urnes, une plus grande majorité pour approuver l’accord pourrait peut-être être trouvée ensuite. 
 
Mais les risques d’un « Brexit dur » (donc, un scénario sans accord) peuvent tout aussi bien augmenter à nouveau à tout moment. Ou même les chances d’un second référendum. Une campagne électorale peut parfois connaître d’étranges rebondissements. 
 
Pour les marchés financiers, il serait préférable qu’un accord soit encore atteint le 31 octobre, ou en tout cas pas un report trop long. En effet, plus les choses s’éternisent, plus l’incertitude persiste. N’oubliez pas en outre que le débat actuel ne porte encore que sur la « convention de divorce » entre l’UE et le Royaume-Uni. En fait, le véritable travail doit encore commencer ensuite : un nouvel accord commercial pour la future collaboration. Le terme « Brexit » sera donc encore présent pendant pas mal de temps dans notre vocabulaire quotidien…
 
Il n’y a pas (encore) lieu de procéder actuellement à une adaptation « inspirée du Brexit » dans notre politique d’investissement. Pour le moment, nous restons « sous-pondérés » en actions. En outre, nous rappelons que nous avons déjà effectué un virage il y a quelques mois des petites capitalisations européennes, dans lesquelles le Royaume-Uni est surreprésenté, vers des petites capitalisations mondiales. La pondération vers des fonds immobiliers européens, qui ont traditionnellement une grande exposition au Royaume-Uni a, elle aussi, était abaissée depuis pas mal de temps. 

 

Départ de Draghi, coup de projecteur sur la confiance des entreprises

Jeudi prochain se déroulera une nouvelle réunion de politique monétaire de la BCE, la dernière sous la direction de Mario Draghi. Après les décisions vivement contestées prises en septembre, notamment le redémarrage du programme de rachats, nous n’attendons pas beaucoup de nouvelles cette fois-ci.

Dans le macro-agenda de cette semaine, nous nous concentrons dès lors surtout sur les Markit PMI (confiance des entreprises selon les directeurs des achats), complétés de cet autre indicateur de sentiment important, l’IFO allemand.

Pour l’Allemagne, nous nous attendons à ce que le sentiment industriel devienne un peu plus positif, ou mieux : un peu moins négatif. Reste à voir si cela sera suffisant pour entraîner l’ensemble du chiffre européen. 

Ainsi, de mauvais chiffres nous sont parvenus d’Italie la semaine dernière : au mois d’août, l’industrie italienne a enregistré 10 % de commandes en moins par rapport à la même période de l’année dernière. Ce sont surtout les commandes provenant de l’étranger qui ont fait preuve de faiblesse. Pour nuancer, ajoutons qu’en août 2018, ces commandes avaient reçu un « coup de pouce » grâce à des facteurs non récurrents, mais il s’agit-là tout de même d’un signal supplémentaire de la faiblesse persistante de la dynamique de croissance internationale.

Tant que le climat industriel reste médiocre, le secteur des services doit se maintenir. Le solide marché du travail et le prix du pétrole à nouveau à la baisse favorisent en tout cas la consommation, qui constitue à son tour un important soutien pour les secteurs des services orientés vers le marché intérieur. Nous continuons dès lors d’espérer que la prudence qui handicape le secteur industriel depuis quelque temps, ne se soit pas encore propagée massivement au « monde des services ». Le Markit PMI des services doit confirmer cette attente.

Signaux contraires de l’industrie américaine

Lorsqu’on examine les Markit PMI américains, les points importants sont les mêmes que chez leurs homologues européens : à quel point l’industrie se ralentit-elle et y a-t-il une contamination vers les secteurs des services ?

La dernière fois, il était en tout cas frappant de constater que le Markit PMI et l’indice similaire ISM manufacturier présentaient un tableau différent. Le premier avait augmenté, tandis que le second avait continué de s’enfoncer sous le score critique de 50. Les récentes « données solides », par exemple relatives à la production industrielle, suggèrent en tout cas que le chiffre ISM plus prudent cerne mieux la réalité.

Pour terminer, mentionnons encore pour les États-Unis les commandes de biens durables pour le mois de septembre. Comme toujours, nous avons accordé ici une attention particulière aux biens d’équipement. Ceux-ci donnent en effet une idée du climat d’investissement et ce sont les investissements qui doivent finalement garantir le maintien du sentier de croissance. Ces derniers mois, il y en tout cas eu peu de chiffres semblant annoncer une forte hausse des investissements.

 

 


Principales publications macroéconomiques 

Du 21 octobre au 
25 octobre

Jour de publication

Région/Pays

Publication de

Période

Consensus

Mercredi Zone euro Confiance des consommateurs (flash) Oct -6,8
Jeudi Zone euro Markit PMI Manufacturing (flash) Oct 46,0
    Markit PMI Services (flash) Oct 51,9

  Réunion de politique monétaire de la BCE Oct

États-Unis Markit PMI Manufacturing (flash) Oct 50,7
    Markit PMI Services (flash) Oct 50,9
    Commandes de biens durables sur 1 mois Sep -0,7%
Vendredi
Allemagne Indice IFO Oct 94,4