Sur quel ton Mario Draghi parlera de l’économie?

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Sur quel ton Mario Draghi parlera de l’économie?

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08 avril 2019
Malgré les données économiques faiblardes, ce ton était jusqu’ici relativement optimiste.

Après-demain se tiendra la prochaine réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE).

Le mois dernier, la Banque centrale a surpris son monde en annonçant une nouvelle série de TLTRO. Ce mode de financement permet aux banques d’emprunter de l’argent à des conditions attrayantes auprès de la BCE, le but avoué étant de stimuler l’octroi de crédit aux ménages et aux entreprises.

Par ailleurs, la BCE a reporté une première hausse des taux jusqu’à 2020 au plus tôt. Elle a réagi ainsi à la faible dynamique économique et à la persistance d’une inflation basse. Les conséquences pratiques ont toutefois été peu importantes. Les marchés financiers ne s’attendaient, de toute manière, pas à un relèvement du taux directeur cette année. Qui plus est, les marchés s’accordent actuellement sur le fait qu’une première hausse des taux n’interviendra pas avant début 2021.

Nous attendons peu de grandes annonces pour ce mercredi. Il sera cependant intéressant de noter sur quel ton Mario Draghi parlera de l’économie. Malgré les données économiques faiblardes, ce ton était jusqu’ici relativement optimiste. En se référant par exemple au secteur européen des services, à la baisse du chômage ou à la bonne tenue des dépenses des ménages. Ce ton est-il toujours justifié ? L’industrie européenne ne cesse en effet de présenter des chiffres faibles.

La BCE s’occupe-t-elle des taux négatifs ?

Nous sommes également curieux d’apprendre si Draghi en dira un peu plus sur d’éventuelles mesures pour atténuer les effets négatifs du taux d’intérêt négatif sur les dépôts.

Lorsque les banques placent leur surplus de liquidités auprès de la BCE, elles se voient pénalisées par un taux d’intérêt négatif. Cela pèse évidemment sur leur rentabilité. La BCE nuance toutefois ce fait, ce qui est en partie exact. Les taux négatifs coûtent chaque année environ 7,5 milliards d’euros au secteur européen des banques. C’est un montant certes important, toutefois relativement négligeable par rapport à l’ampleur du paysage bancaire.

Ces dernières semaines, la discussion sur une adaptation du système a néanmoins resurgi. Par exemple en exonérant du taux négatif une première tranche de réserves que les banques placent auprès de la BCE. Répétons-le, l’impact financier sur l’ensemble du secteur bancaire serait limité (abstraction faite de la situation spécifique de certaines banques en particulier). Mais cela pourrait diminuer quelque peu le mécontentement quant à ce taux d’intérêt négatif sur les dépôts et augmenter l’adhésion à cette politique, de manière à pouvoir la poursuivre plus longtemps.

Les ‘jeunes pousses’ confirmées par les chiffres du commerce chinois ?

En Chine, les PMI (confiance des directeurs des achats) ont récemment envoyé des signaux positifs. Tant dans l’industrie que dans les services, la confiance des entrepreneurs s’est avérée plus élevée que prévu. Voit-on les premières jeunes pousses annonçant la fin du ralentissement de la croissance chinoise ?

C’est en partant de cette perspective que nous examinerons en tout cas les nouveaux chiffres des importations et des exportations qui seront publiés ce vendredi. Les chiffres des importations peuvent en effet donner une idée de la situation économique intérieure en Chine. Une dynamique économique chinoise plus forte serait aussi une bonne nouvelle pour la zone euro. Et pour les Bourses, bien sûr.

Peut-être un nouveau report du Brexit

Enfin, la saga du Brexit se poursuit cette semaine également. Ce vendredi verra l’expiration du délai fixé précédemment pour faire ratifier l’accord sur la sortie de l’UE par le parlement britannique. La probabilité d’une telle ratification est minime. Mais, sait-on jamais ? Quoi qu’il en soit, une décision est attendue pour cette semaine. Les deux options les plus probables  sont un Brexit dur ou un nouveau report. Theresa May a déjà demandé un tel report jusqu’au 30 juin. D’ici là, le parlement britannique devra approuver un accord ou l’autre.

Pour ce faire, le gouvernement britannique négocie à présent avec le leader de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn. S’il en ressort une fumée blanche, cela signifiera peut-être un Brexit plus soft que l’accord convenu auparavant par May avec l’UE. Si les négociations n’aboutissent pas, tout reste possible…

Dans notre politique d’investissement, nous ne tablons pas sur un Brexit dur et un nouveau report. Jusqu’au 30 juin ou après, comme le veut le président du Conseil européen Donald Tusk, par exemple. Le Conseil européen se réunira sur la question après-demain.

 


Principales publications macroéconomiques

Du 8 avril au 12 avril inclus

Jour de publication

Région/pays

Publication

Période

Consensus

Mercredi

Zone euro

Réunion de la BCE    
           

Etats-Unis

Inflation IPC sur 12 mois

Mar

1,8%

 


Inflation sous-jacente IPC sur 12 mois

Mar

2,1%

Vendredi

Zone euro

Production industrielle sur 12 mois

Fév

         -1,0%


Etats-Unis

Confiance des consommateurs (U.Mich)     Avr

98,0

  Chine

Exportations sur 12 mois

Mar

7,3%

 

  Importations sur 12 mois              Mar

-1,3%