Tous les yeux sont tournés vers l'Europe et la Chine

Tous les yeux sont tournés vers l'Europe et la Chine

Investissements
11 février 2019
Nous avons cette semaine un ordre du jour macro-économique chargé.

Les chiffres américains confirmeront selon toute probabilité le cours positif des événements. Avec une confiance des consommateurs et des ventes au détail qui se maintient. Et une production industrielle qui ne semble pour l’instant pas trop gênée par le dollar fort. Tout cela avec un taux d'inflation qui continue à fluctuer autour des 2% prévus par la Fed. Autrement dit, les choses finissent par s’arranger aux États-Unis.

Moins de croissance, moins d’actions

La situation est un peu plus nuancée en Chine, et surtout en Europe. Les chiffres européens sont régulièrement décevants. Les ‘excuses’ rejetant la faute sur des facteurs secondaires commencent aussi tout doucement à s’épuiser. Oui, le secteur automobile allemand a souffert de l’introduction de nouvelles normes d’émission. Et oui, le niveau bas des cours d’eau dû à la sécheresse de l’été passé a gêné le transport de marchandises. Les déboires politiques en Italie, le Brexit et les gilets jaunes n’ont pas non plus vraiment aidé. Sans parler de la guerre commerciale. Tous ces facteurs pris ensemble génèrent une situation économique peu avantageuse.

Est-ce que l’économie allemande est entrée en récession ? Nous recevrons jeudi prochain une première estimation de la croissance économique allemande dans la zone euro au cours du quatrième trimestre de l’année passée. On pouvait se baser jusqu’il y a peu sur un chiffre peu encourageant, certes, mais tout de même encore positif. Mais rien n’est moins sûr aujourd’hui. La production industrielle, qui revêt une grande importance pour l’Allemagne, était ainsi en décembre près de 4% moins élevée qu’au cours du même mois de l’année passée. Le consommateur s’est lui aussi réfréné dans ses dépenses de fin d’année.

Par extension, nous attendons aussi impatiemment la deuxième estimation de la croissance dans toute la zone euro pour ce même quatrième trimestre (également prévue pour jeudi). La croissance trimestrielle de 0,2% précédemment estimée va-t-elle être ajustée ?

Un ralentissement général ne serait pas catastrophique, mais il ne faudrait pas que l’économie européenne se retrouve dans une tempête perpétuelle. La vaste politique monétaire de la BCE et la consommation en hausse suite à la baisse du chômage, soutiennent l’économie. Mais le momentum de croissance plus faible nous a tout de même incités, dans notre politique d'investissement, à faire un pas en arrière au niveau des actions (européennes).

Quel accord commercial ?

Comme déjà dit, l’affaiblissement de la croissance s’explique par la somme de toute une série de facteurs. Les tensions commerciales jouent également un rôle important à cet égard. Lorsque nous accueillerons cette semaine les chiffres relatifs à l’importation et à l’exportation, nous serons de nouveau en partie ‘mis au courant’ de la mesure dans laquelle aussi bien l’économie intérieure chinoise que les secteurs de l’exportation subissent des dommages.

Les décideurs chinois tentent de résister. Mais contrairement aux périodes 2008/09 et 2015/16, au cours desquelles s’est produit un endettement massif, tout se passe aujourd’hui à petits pas. Par le biais d’une baisse des impôts, par exemple.

Nous nous attendons à ce que ces mesures sortent à un certain moment leurs effets. La croissance monétaire est un bon indicateur à cet égard. C’est la raison pour laquelle nous attendons chaque mois ce chiffre avec un intérêt plus que moyen.

Quoi qu’il en soit, maintenant que les cours en vigueur sur les Bourses asiatiques se sont remis, dans le courant de janvier, de la ‘gifle de décembre’, nous avons ici aussi réduit quelques positions. Cela nous a semblé judicieux dans l’attente d'un peu plus de clarté quant à l’avenir. Étant entendu que cette clarification doit principalement venir du monde politique. Avec en tête de liste un accord commercial entre les États-Unis et la Chine. Mais les rumeurs sont changeantes à cet égard. Il n’y a donc rien d’autre à faire qu’attendre. Tout comme pour le feuilleton du Brexit d’ailleurs...


Publications macro-économiques importantes

Du 11 février au

15 février inclus

Jour de publication

Région/pays

Publication de

Période

Consensus

Mercredi

États-Unis

Inflation CPI MoM

Jan

1,5%

 

 

Inflation de base CPI MoM

Jan

2,1%

 

Zone euro

Production industrielle YoY

Déc

-3,2%

Jeudi

États-Unis

Ventes au détail MoM

Déc

0,2%

 

Zone euro

Croissance BIP QoQ (2me estimation)

4Q18

0,2%

 

Allemagne

Croissance BIP QoQ (1re estimation)

4Q18

0,1%

 

Chine

Export YoY

Jan

-3,3%

 

 

Import YoY

Jan

-9,0%

 

 

Croissance monétaire M2 YoY

Jan

8,2%

 

 

Croissance du crédit YoY

Jan

13,1%

Vendredi

États-Unis

Confiance des consommateurs (Un. Mich.)

Jan

94.5

 

 

Production industrielle MoM

Jan

0,1%