Luc Aben soulage d'un poids économique

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Luc Aben soulage d'un poids économique

Investissements
27 mai 2019
Le Parlement européen sera moins eurosceptique qu’escompté.

En bref:  

  • Résultats économiques modérés aux Etats-Unis
  • La confiance économique des entrepreneurs chinois ne promet pas de gros changements
  • Le départ de Theresa May n’a pas d’incidence sur notre politique de placements

Les élections européennes débouchent sur un Parlement européen plus fragmenté. Mais la percée des partis radicaux et/ou eurosceptiques semble moins forte que ce que prédisaient les sondages. C’est donc une préoccupation en moins pour les investisseurs.

Il n’en va pas de même de l’inquiétude par rapport à l’économie européenne. L'accélération attendue de celle-ci ne semble pas vraiment s’amorcer. Au premier trimestre, les perspectives semblaient encore favorables. Surtout parce que les consommateurs continuaient à dépenser raisonnablement. Par rapport aux trois derniers mois de 2018, l'activité économique était en hausse de 0,4%.

Un chiffre inférieur semble s’annoncer pour le trimestre en cours (à savoir le deuxième). Ceci est illustré par les Markit PMI (confiance des entrepreneurs). Ils se sont à nouveau révélés décevants durant la semaine écoulée. 

Pour le quatrième mois consécutif, le Manufacturing PMI (la confiance des chefs d’entreprise industrielle) dans la zone euro est resté sous le niveau critique de 50. Comme nous l'avons déjà souligné précédemment, l'industrie allemande souffre tout particulièrement d’une faible demande extérieure. Pour l’heure, la situation ne semble pas évoluer à cet égard. Ceci en raison, notamment, de l'incertitude qui entoure les tensions commerciales sino-américaines. Cela met un frein à la propension à l'investissement dans le monde entier. Les producteurs des fameux biens d'équipement allemands en font l’amère expérience. Demain, les différents indicateurs de confiance que publie la Commission européenne viendront sans doute confirmer tout cela.

Des chiffres médiocres aux États-Unis aussi

Mais les nouveaux PMI américains affichent aussi des scores particulièrement faibles. Le fait que l'industrie américaine ne reste pas insensible à l'environnement mondial et souffre de la vigueur du dollar, n'est pas surprenant. Mais ce qui est surtout frappant, c’est l’affaiblissement soudain de la confiance dans le secteur des services. Cette confiance est avant tout sensible à la situation intérieure du pays. Où la bonne tenue persistante du marché du travail ne donne pas à penser qu'il y aurait des problèmes majeurs dans l’immédiat. La situation est-elle dès lors plus fragile qu'on ne le pensait ? La dissipation de l’incitant fiscal de 2018 et les relèvements de taux de la Réserve fédérale commencent-ils à se faire sentir concrètement ? À suivre.

Quoi qu'il en soit, dans notre politique d'investissement, nous avions pris il y a deux semaines un peu de bénéfice dans nos positions en actions. Nos doutes quant à la concrétisation de l’accélération attendue de la croissance étaient alors notre principal argument. Les indicateurs récents n’ont fait que renforcer ces doutes. Lesquels sont aussi alimentés par l'évolution de la guerre commerciale. D'autant qu’il devient de plus en plus clair que ce conflit ne porte pas uniquement sur le commerce. Il porte également sur la question de savoir qui sera, dans les décennies à venir, le leader sur le plan technologique, politique et géostratégique. En ce sens, la déclaration de Xi Jinping selon laquelle les Chinois doivent se préparer à une nouvelle « longue marche » pourrait être assez révélatrice.

Les chiffres chinois au centre de l’attention

Si l’on observe l’agenda macroéconomique des jours à venir, les PMI provenant du bureau statistique chinois officiel sont l’élément le plus important. Il sera intéressant de voir si les mesures incitatives prises par le gouvernement depuis mi-2018 produisent un effet tangible. Nos attentes à cet égard ne sont pas excessives. Les derniers chiffres chinois relatifs à la production industrielle et aux ventes de détail étaient en tout cas modérés.

Pour le reste, la semaine s’annonce calme en termes de chiffres. Il faut mentionner la deuxième estimation de la croissance américaine pour le premier trimestre. Il y a ensuite les publications liées à la consommation aux États-Unis : la confiance des consommateurs du Conference Board et les revenus et dépenses personnels. Ces dernières sont importantes pour continuer à faire tourner le moteur économique intérieur aux États-Unis.