Luc Aben se demande si le résultat des entreprises européennes se maintiendra au-delà des attentes

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Luc Aben se demande si le résultat des entreprises européennes se maintiendra au-delà des attentes

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20 mai 2019
Les analystes revoient à la baisse les prévisions de résultat des entreprises européennes.

3 min

En outre:

  • La confiance des entreprises en Europe reste pessimiste
  • L’indice de confiance des consommateurs devrait, pour bien faire, se maintenir 
  • Les marchés financiers suivent les élections européennes de près

L’afflux de résultats d’entreprises pour le premier trimestre se tarit peu à peu. Globalement, les chiffres ont été meilleurs que prévu. L’entreprise américaine moyenne (à l’exclusion du secteur de l’énergie) a fait état d'un bénéfice (par action) en hausse de 5% par rapport à la situation d’il y a 12 mois. En Europe, ce chiffre est plus modeste (2%), mais dépasse toutefois les attentes.

Un autre point positif est que les entreprises ont réussi à réaliser une croissance du chiffre d'affaires. Cela en dépit d'une dynamique de croissance économique en recul au niveau mondial. C’est le cas notamment aux États-Unis (+5%), mais l’Europe suit de près (+4%).

La question est à présent de savoir si l’on peut espérer sur toute l'année 2019 des résultats d'entreprises supérieurs aux attentes. Aux États-Unis, les analystes tablent en moyenne sur une hausse de 3,4% des bénéfices. Au début de l'année, on en était encore à 7,6%. La barre est donc placée nettement moins haut, ce qui augmente les chances de la franchir.

En Europe, la situation est plus incertaine. Ici, les analystes financiers revoient toujours à la baisse leurs estimations pour les douze mois de 2019. Ce qui n’est guère étonnant au vu des projections qui, pour l’heure, indiquent encore plus de 5% de croissance des bénéfices. Pour 2020, on est même à 10%.

Pour y parvenir, nous aurons besoin d'une accélération de la croissance économique. En particulier en Europe, mais les États-Unis doivent eux aussi rester sur la bonne voie. Car là aussi, les derniers indicateurs économiques ont quelque peu faibli. En Chine, plusieurs chiffres clés s’avèrent même réellement décevants. Songeons aux ventes de détail et à la production industrielle. Ceci est significatif pour la Chine elle-même, mais aussi pour la température économique mondiale.

Pas de changement de physionomie attendu à brève échéance

L'agenda macroéconomique de cette semaine ne devrait pas vraiment changer la donne. Dans la zone euro, nous attendons les Markit PMI et l'indice IFO allemand (deux baromètres de la confiance des entreprises). En février, le Markit PMI pour l'industrie est retombé dans la zone qui suggère une contraction. Principalement sous l’influence de l'industrie allemande. Depuis, il n’est guère question de redressement. Il ira sans doute de même avec le nouveau chiffre attendu demain.

Par ailleurs, la confiance des consommateurs européens est aussi à l’ordre du jour demain. Bien que la confiance ait plongé fin 2018, les dépenses des consommateurs sont restées raisonnables. Si bien qu'ils ont, pour une part, protégé l’économie européenne contre le refroidissement mondial. En ce sens, il est important que la faible confiance ne s’effrite pas davantage.

Aux États-Unis aussi, nous recevons les Markit PMI. Si l’on observe plus particulièrement la confiance dans l'industrie, celle-ci est plus élevée qu'en Europe. Mais ici aussi, les scores se situent à des niveaux inférieurs depuis février. Le dollar fort et l'environnement international se font sentir.

Les investisseurs tiennent les élections européennes à l'œil

Il va sans dire qu'un climat politique tendu ne contribue pas à relever le niveau de la croissance économique. C’est ainsi que la « question sino-américaine » ne semble pas sur le point de trouver une issue.

Plus près de chez nous, notons les élections européennes. Si d'habitude elles attirent moins l’attention, c'est différent cette fois. Notamment parce que les partis eurosceptiques ont le vent en poupe depuis un moment déjà. Vont-ils entamer l'œuvre de démolition de la maison Europe ?

Les trois groupes traditionnels au Parlement européen (démocrates-chrétiens, sociaux-démocrates et libéraux) occupent actuellement 62% des sièges. D’après les sondages, ce chiffre retomberait à 56%. En y ajoutant les familles verte et conservatrice, nous arrivons à 71%. À cette nuance près que dans ces deux dernières, les eurosceptiques sont plus nombreux que dans les blocs politiques traditionnels.

Les eurosceptiques affirmés, comme le mouvement autour de Salvini, le Mouvement Cinq Étoiles et le nouveau Brexit Party de Farage viendraient occuper 15% du Parlement. En incluant la gauche radicale, on arrive au chiffre de 22%.

La conclusion est que le fonctionnement du Parlement européen, même avec la victoire attendue des eurosceptiques, ne sera pas bloqué. Mais la prise de décision pourrait être rendue plus difficile.

L’Italie et la France sous les projecteurs

Les marchés financiers suivront néanmoins avec intérêt le déroulement des élections. Lorsque Emmanuel Macron a remporté les élections de 2017 en France, les marchés ont réagi avec soulagement. Ou plus précisément, les investisseurs ont réagi avec soulagement à l’échec de l’eurosceptique Marine Le Pen.

Si l’issue du prochain week-end devait s’avérer plus anti-européenne que prévu, une réaction inverse n’est pas exclue. Dans ce cadre, l’attention se focalisera notamment sur les résultats en France et en Italie. Deux grands pays, où les réformes nécessaires sont déjà particulièrement laborieuses. Avec de surcroît des poussées de fièvre régulières au sujet des plans budgétaires italiens.