Luc Aben ne se laisse pas retourner par l’économie américaine

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Luc Aben ne se laisse pas retourner par l’économie américaine

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29 avril 2019
Le taux de croissance économique des Etats-Unis doit être nuancé, sans toutefois verser dans le pessimisme.

Temps de lecture estimé : 3 min. 

En résumé

  • Attentes peu élevées pour la croissance économique en zone Euro
  • Les jeunes pousses de la croissance économique chinoise doivent maintenant grandir
  • Les entreprises publient des résultats trimestriels meilleurs qu’attendus

3,2 %. Avec ce chiffre de croissance (converti sur base annuelle) pour le premier trimestre, l’économie américaine semble balayer les sceptiques. Le consensus tablait préalablement sur un chiffre autour des deux pour cent seulement.

Nous devons toutefois apporter certaines nuances. Ainsi, la balance du commerce extérieur (exportations moins importations) a fourni une contribution remarquablement importante. Ces chiffres sont peut-être « pollués » par la guerre commerciale. En anticipant des droits à l’importation nouveaux ou plus élevés, les entreprises américaines ont déjà acheté des stocks supplémentaires l’an dernier, de sorte qu’elles ont moins dû s’approvisionner au cours des trois derniers mois et que les importations ont plongé de 3,7 %. Cet effet va s’atténuer.

En outre, on constate depuis un certain temps une augmentation remarquable des stocks. Ceux-ci poussent la croissance vers le haut, mais ils devront tout d’abord s’écouler dans les jours et semaines à venir avant qu’une nouvelle production génère une nouvelle activité.

Si on retire ces effets de la balance commerciale et des stocks du chiffre de la croissance, il s’avère alors que la demande intérieure n’a augmenté que de 1,4 %. C’est ce chiffre du « marché domestique » qui reflète le mieux la dynamique économique.

La Réserve fédérale fera du surplace

La différence entre le chiffre de croissance brut et les éléments sous-jacents n’aura bien entendu pas non plus échappé à la Réserve fédérale, de sorte qu’il n’y a aucun motif pour que les banques centrales se départissent de leur politique attentiste sur le plan d’éventuelles augmentations du taux d’intérêt lors de leur réunion de politique monétaire cette semaine.

La différence entre le chiffre de croissance brut et les éléments sous-jacents n’aura bien entendu pas non plus échappé à la Réserve fédérale, de sorte qu’il n’y a aucun motif pour que les banques centrales se départissent de leur politique attentiste sur le plan d’éventuelles augmentations du taux d’intérêt lors de leur réunion de politique monétaire cette semaine.

Prévisions basses pour la zone euro

Dans la zone euro, la dynamique économique est bien moins forte. Quand nous disposerons demain de la première estimation de la croissance au cours des trois premiers mois de l’année, un taux de 0,2 % par rapport au trimestre précédent représenterait déjà une sorte de soulagement. Par rapport à la situation d’il y a un an, cela correspondrait à une croissance de 1,1 %.

Conjointement avec la croissance modérée, l’inflation semble également demeurer obstinément sous l’objectif des 2 % de la Banque centrale européenne. Les nouvelles données concernant le mois d’avril (publication jeudi) n’apporteront aucun changement à cette situation.

Les jeunes pousses chinoises doivent se développer

Comme on le sait, c’est surtout l’industrie européenne qui est à la peine. Cela est à nouveau partiellement en rapport avec le ralentissement de la croissance en Chine. Par rapport à l’économie américaine, celle de la zone euro est bien plus orientée vers le « monde ».

Un certain nombre de signaux prudemment positifs émanent de la Chine depuis le mois dernier. Ceux-ci suggèrent que les mesures de stimulation des décideurs politiques commencent à produire leurs fruits. Si cette tendance se poursuit, ces effets se feront finalement sentir dans nos pays également.

Toutefois, une hirondelle ne fait pas le printemps. En d’autres termes : les signaux encourageants provenant de Chine demandent confirmation. Celle-ci viendra peut-être les prochains jours avec une série de nouveaux PMI (confiance des entreprises). En l’espèce, c’est surtout la confiance du secteur industriel qui est pertinente en tant qu’indication du pouls économique mondial.

Les premiers chiffres des entreprises dépassent les attentes

Pour terminer, examinons un peu les chiffres trimestriels des entreprises, qui affluent. Aux États-Unis, environ un tiers des entreprises ont déjà publié leurs résultats. Le bénéfice (par action) a augmenté en moyenne de cinq pour cent par rapport à la même période de l’année précédente, tout au moins si nous en retirons les secteurs de l’énergie et des matières premières. Mais on savait déjà que ceux-ci étaient confrontés à des baisses des bénéfices. Il suffit de regarder l’évolution des prix de leurs produits ces douze derniers mois.

Quoi qu’il en soit, ces cinq pour cent sont mieux que prévu. Environ trois quarts des entreprises surpassent donc les prévisions des analystes. En Europe, il s’agit d’une petite moitié, l’augmentation du bénéfice (par action) moyen atteignant quatre pour cent. Ce chiffre est, lui aussi, meilleur qu’escompté.

Ce qui est encourageant, c’est la constatation que non seulement les bénéfices sont meilleurs que prévus, mais que le chiffre d’affaires l’est également. Cela indique que l’économie mondiale est certes ralentie, mais pas à l’arrêt.

Dans ce contexte, il faut donc bien considérer qu’il ne s’agit que de premiers résultats. Pas mal d’autres chiffres doivent encore être publiés. En outre, les attentes n’étaient pas trop élevées, la barre était plutôt basse.

Mais dans un monde avec des taux d’intérêt bas persistants, où les investisseurs recherchent le rendement, cela offre tout de même un certain soutien des cours des actions. Il faut à présent attendre une stabilisation voire une reprise de la croissance mondiale pour pouvoir afficher de solides résultats des entreprises au cours des prochains trimestres également. Car, pour la seconde moitié de l’année, les attentes à cet égard sont bel et bien élevées, de sorte qu’il y a peu de place pour une déception après l’embellie boursière des derniers mois.

 


Principales publications macroéconomiques

Du 29 avril au 3 mai inclus

Jour de publication

Région/Pays

Publication de

Période

Consensus

Lundi

États-Unis

Revenu individuel sur 1 mois

   Mar         0,4%
           

Dépenses individuelles sur 1 mois    Mar          0,7%
            Zone euro     

Croissance du crédit sur 12 mois   

   Mar         3,3%


Masse monétaire M3 sur 12 mois

   Mar         4,2%

 

Confiance des entreprises CE    Avr         0,49
 Mardi Zone euro  Croissance du PIB sur 1 trimestre (1ière estimation)  1T19         0,3%
    Chômage    Mar         7,8%
  Chine PMI manufacturier du NBS    Avr         50,5
    PMI non manufacturier du NBS    Avr         54,5
 Mercredi États-Unis ISM manufacturier    Avr         55,0
    Réunion de politique monétaire de la FED    
 Jeudi Chine Indice PMI manufacturier Caixin    Avr         51,0
 Vendredi États-Unis Création d’emplois    Avr         180K
    Salaires horaires sur 12 mois    Avr         3,4%
    Chômage    Avr         3,8%
    ISM non manufacturier    Avr         57,0
  Zone euro  Inflation IPC sur 12 mois     Avr         1,6%
    Inflation IPC sous-jacente sur 12 mois   Avr         1,1%