Luc Aben à la recherche des preuves de la croissance économique

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Luc Aben à la recherche des preuves de la croissance économique

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15 avril 2019
On reçoit plus de signaux de croissance en provenance de la Chine, ce qui est bon pour la zone Euro.

Cette semaine, la Chine est au cœur de l'agenda macroéconomique. Mercredi prochain, nous recevrons ainsi le taux de croissance pour le trimestre écoulé. Dans la zone euro ou aux États-Unis, nous devons à chaque fois signaler qu'il s’agit d’une première estimation. Pas en Chine. Là-bas, ils sont toujours prompts à publier ce chiffre et celui-ci n’est jamais révisé. Ce qui, bien sûr, n’est pas un gage de fiabilité ... 

Sans doute le nouveau chiffre sera-t-il, cette fois encore, conforme à l'objectif : un peu plus de 6% de croissance par rapport à la même période de l'an dernier. Des estimations du taux de croissance réel, basées sur des données plus contrôlables (comme la production d’électricité), donnent à penser que 4,5% serait plus conforme à la réalité. Soit 1,5 point de pourcentage en moins.

Un train de mesures

Les décideurs chinois ont pris, depuis la mi-2018, des mesures pour contrer le ralentissement de la croissance. Cela va des traditionnels travaux d'infrastructure à la stimulation de la croissance du crédit en passant par les réductions d'impôts. L'approche était moins radicale et massive que lors de la précédente grande campagne de stimulation en 2015-16. Il semble néanmoins que les premiers effets commencent à se manifester. Nous avons ainsi observé récemment un rebond dans la confiance des chefs d’entreprise (les PMI). Il reste à espérer que ce signal précoce se confirme dans le futur proche.

Quoi qu'il en soit, nous pensons que cette politique de stimulation sera maintenue encore un certain temps. Par exemple en ce qui concerne la relance de la croissance du crédit. L'effet stimulant qui peut en résulter ne doit pas être sous-estimé. La dette nationale chinoise, dans sa globalité, atteint 240% du produit intérieur brut (PIB). Un pour cent supplémentaire de financement par emprunt entraîne donc une injection de 2,4% dans l'économie. 

Se pose, bien entendu, la question de la viabilité à plus long terme. Mais tant que les Chinois restent des épargnants assidus et maintiennent ainsi les taux bas, il n’y a pas de problème alarmant. 

L'industrie européenne a-t-elle atteint le creux de la vague ?

Pour le reste, nous attendons dans les prochains jours les nouveaux indices Markit PMI aux États-Unis et dans la zone euro. Avec, dans la zone euro, une attention plus marquée que de coutume pour le chiffre allemand. L’industrie allemande (tournée vers l'exportation) subit de sérieuses secousses. Ce qui s’explique en partie par le contexte chinois évoqué ci-dessus.

Nous ne prévoyons pas encore de reprise spectaculaire de la confiance des chefs d’entreprise allemands et européens. Il s’écoule traditionnellement trois à six mois avant qu’on observe les répercussions d’une embellie en Chine. Nous serions satisfaits avec une légère reprise des scores PMI. Sans doute les marchés financiers sont-ils dans le même état d’esprit.

De maigres attentes pour les résultats trimestriels

En parlant des marchés financiers, les bourses d'actions seront attentives ces prochaines semaines, outre les nouvelles économiques, aux chiffres trimestriels des entreprises.

Vu la faiblesse de la dynamique économique ces derniers mois, il ne faut pas en attendre grand-chose. Par rapport à la même période de 2018, le bénéfice de l’entreprise moyenne n’aura que faiblement progressé. Pour autant qu’il y ait une progression. Les chiffres des secteurs cycliques (donc sensibles à la croissance) sont particulièrement vulnérables. 

Cette prudence vaut non seulement pour l'Europe et les marchés émergents, mais aussi pour les États-Unis. Ainsi, l'effet de la baisse d'impôts de 2018 sur les chiffres s’estompe peu à peu. En outre, les entreprises américaines qui opèrent à l’international sont affectées à la fois par le ralentissement de la croissance mondiale et par la vigueur du dollar.

Il est vrai que les analystes ont déjà revu leurs prévisions fortement à la baisse ces dernières semaines. Indépendamment des bénéfices en termes absolus, c’est donc surtout la comparaison avec ces estimations ajustées qui sera importante. Si la comparaison se révèle positive, cela constituera malgré tout un soutien pour le cours des actions.

Pour ce qui est de l'avenir, les analystes s’attendent, pour l'ensemble de l’année 2019, à ce que l’entreprise moyenne aux États-Unis et en Europe publie des bénéfices en hausse de 3% à 5%. Compte tenu du faible début d'année, cela signifie qu'un mouvement de rattrapage sera nécessaire dans les prochains mois. Et cela requiert un meilleur environnement économique. Si bien qu'ici aussi s’applique l’adage : it’s the economy, stupid.



Publications macroéconomiques importantes

Du 15 avril

au 19 avril

Jour de publication

Région/pays

Publication de

Période

Consensus

Mardi

Allemagne

Indice ZEW

Avr

1,0

           

États-Unis

Production industrielle MoM

Mar

0,2%

Mercredi

Chine Croissance du PIB YoY 1Q19 6,3%


 

Production industrielle YoY Mar

5,9%

    Ventes de détail YoY Mar 8,4%
Jeudi États-Unis      

Markit PMI Manufacturing (flash)

Avr

52,7

 

           

Markit PMI Services (flash)

Avr

55,0

 

          

Ventes de détail MoM

    Avr

0,9%

         

Zone euro

Markit PMI Manufacturing (flash)

Avr

48,0

 

Markit PMI Services (flash)     Avr 53,1

Allemagne

Markit PMI Manufacturing (flash)

Avr

45,0