Les investisseurs sont de bonne humeur ; à juste titre ?

  1. Blog
  2. Les investisseurs sont de bonne humeur

Les investisseurs sont de bonne humeur ; à juste titre ?

Blog
11 juin 2019
Les interventions de Powell et de Draghi sont favorables aux cours ; toutefois, la croissance économique est indispensable.

Temps de lecture estimé : 3 min

En bref :

  • Une Chine coincée entre les stimuli économiques et une limite de la dette
  • Inflation modérée aux Etats-Unis
  • Résultats solides attendus pour la vente au détail aux Etats-Unis


 

Le passé n’est jamais loin : les banques centrales viennent en aide aux marchés financiers lorsque ceux-ci commencent à se comporter de manière préoccupante.

Tout d’abord, notons la sortie de Jerome Powell de la Réserve fédérale (Fed) la semaine dernière. Il a déclaré que ses collègues et lui étaient prêts à intervenir si la guerre commerciale compromettait trop la croissance économique. Les cours des actions ont immédiatement monté. Les investisseurs se félicitent déjà en tout cas de trois baisses de taux par la Fed pour les douze prochains mois.

Jeudi, c’est le gouverneur de la Banque centrale européenne qui s’est exprimé à son tour. Un peu à l’improviste, Mario Draghi a déclaré qu’un certain nombre de collègues de la BCE se demandaient si les taux ne devraient pas baisser et s’il ne vaudrait pas la peine de relancer un programme d’allègement quantitatif. Les actions ont à nouveau reçu un coup de pouce.

Une telle déclaration (tout de même forte) était plutôt étonnante à la lumière des nouvelles prévisions de la BCE. Les perspectives tant en matière de croissance que d’inflation pour 2019 ont été revues légèrement à la hausse (toutes deux de 0,1 % pour atteindre 1,2 % et 1,3 % respectivement). Pour 2020, l’adaptation a été opérée légèrement à la baisse, mais on en est encore loin. Ces prévisions seront encore revues régulièrement.

En outre, la BCE a encore repoussé le moment d’une éventuelle première augmentation des taux. Initialement fixée au début de 2020, elle est à présent envisagée pour la mi-2020. Cette « intervention », pour ce qu’elle vaut, n’était pas non plus surprenante. Elle était attendue.

Finalement, la croissance est nécessaire

La question consiste à savoir dans quelle mesure la réaction positive des marchés boursiers à toutes ces nouvelles est justifiée. Si les banques centrales décidaient en effet de baisser à nouveau les taux, ce serait une raison supplémentaire expliquant pourquoi les taux d’intérêt resteront bas (bien) plus longtemps.

En revanche, un rendement moyen des dividendes de plus de 2 % dans le monde est attrayant. En Europe, il s’élève même à près de 4 %. Mais finalement, la croissance économique est nécessaire. Il est donc logique qu’outre l’espoir de baisses de taux, le soulagement suite à la suppression des taxes américaines sur les importations en provenance du Mexique ait également exercé une influence positive sur les bourses.

Plus généralement, les chiffres économiques bons et discutables alternent toutefois aux États-Unis. Déjà , la création de nouveaux emplois s’est révélée décevante en mai : 75 000 emplois de plus, bien en deçà des 185 000 attendus.

Dans la zone euro et en Chine, la situation est un peu plus claire : la dynamique économique reste très modérée, sans points de référence concrets pour prévoir une amélioration rapide. Ainsi, il est apparu hier que les importations de la Chine avaient été inférieures de 8,5 % le mois dernier par rapport à l’année précédente. Serait-ce un nouveau signal que la dynamique intérieure chinoise éprouve des difficultés ?

Récemment, le PMI des services Caixin a également déçu, non pas que cela ait suggéré un « atterrissage dur » de l’économie chinoise, mais il semble que les décideurs politiques pourraient bientôt cesser leurs mesures de stimulation.

Du point de vue des investisseurs, ce dernier élément constitue en tout cas une bonne nouvelle. Dans le passé, il s’est souvent avéré que la Chine appuyait fortement sur la pédale d’accélérateur si nécessaire, ce qui tranquillise ensuite les marchés financiers. Toutefois, nous ne vivons pas dans le passé : l’environnement politique international est devenu fondamentalement différent dans toutes sortes de domaines. En outre, la Chine est un peu mal prise entre le maintien de la croissance et la maîtrise de l’énorme dette qui a résulté des mesures de stimulation antérieures. Un difficile exercice d’équilibre.
 

Pas d’attentes très élevées pour les chiffres chinois

Les prochains jours également, nous tournerons surtout nos regards vers la Chine pour les nouveaux chiffres. Vendredi, nous attendons des données récentes concernant la production industrielle, les ventes du commerce de détail et la croissance du crédit. Nous serions étonnés que celles-ci nous surprennent dans un sens positif.
 

L’inflation modérée nourrit l’espérance d’une baisse des taux de la Fed

Nous attendons également les chiffres de l’inflation aux États-Unis pour le mois de mai. L’inflation américaine a été ralentie, en partie grâce au dollar fort et à la croissance un peu plus faible.

En outre, des facteurs temporaires jouent un rôle selon la Réserve fédérale, ce qui constitue du même coup une importante raison pour laquelle la banque centrale a jusqu’à présent laissé ouvertes toutes les options pour la politique de taux future : le taux directeur pourrait tout aussi bien augmenter que diminuer. Mais comme nous l’avons déjà indiqué, le patron de la Fed, Powell, a semblé négocier prudemment un virage dans la direction d’une baisse la semaine dernière.

En conclusion, nous portons une attention particulière aux nouveaux chiffres relatifs aux ventes du commerce de détail aux États-Unis. Comme on le sait, cette consommation intérieure constitue un facteur crucial pour le tableau général aux États-Unis. Nous nous attendons à un chiffre solide. Au premier trimestre, les ventes du commerce de détail ont été modérées, mais il semble se produire de nouveau un peu de mouvement ces derniers temps.




Principales publications macro-économiques

Du 11 juin au 14 juin inclus

Jour de publication

Région/pays

Publication de

Période

Consensus

Mercredi

États-Unis

Inflation IPC sur 12 mois

   Mai         1,9%
           

Inflation IPC sous-jacente sur 12 mois    Mai         2,1%
Jeudi Zone euro Production industrielle sur 12 mois    Avr         -0,4%
Vendredi Chine Production industrielle sur 12 mois    Mai         5,5%
    Ventes du commerce de détail sur 12 mois    Mai         8,2%
    Encours des prêts sur 12 mois    Mai         13,5%
  États-Unis Ventes du commerce de détail sur 1 mois    Mai         0,6%
    Production industrielle sur 1 mois    Mai         0,1%
    Confiance des consommateurs (U. Mich, flash)    Mai         98,0