Les Etats-Unis ne sont pas une île économique

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Les Etats-Unis ne sont pas une île économique

Investissements
25 février 2019
Il y a peu de temps encore, l’économie américaine semblait immunisée contre le ralentissement mondial de la croissance.

Les chiffres de l’économie européenne ont alterné le bon et le moins bon cette semaine. Selon le Markit PMI, la confiance des responsables des achats du secteur des services a ainsi atteint son point le plus élevé depuis trois mois. C’est important, car ces services constituent environ 80 pour cent de l’économie globale.

Les nouvelles de l’industrie étaient cependant mauvaises. Le Markit PMI y a poursuivi sa baisse jusqu’à son niveau le plus bas depuis près de six ans. C’est principalement l’industrie allemande qui est dans l’impasse, ce qui est confirmé une fois de plus par la faiblesse de l’indice IFO. Tant que persisteront les menaces commerciales, il ne faudra probablement pas s’attendre à une reprise fondamentale. Dans ce sens, l’annonce faite ce matin par Trump sur l’ajournement d’une nouvelle hausse des droits d’importation sur les produits chinois donne quelque espoir. À moins que l’administration américaine ne prenne à présent pour cible l’Europe et son secteur automobile…

Quoi qu’il en soit, si nous combinons les Markit PMI de l’industrie et des services, la croissance trimestrielle pour la zone euro pour la première période semble se diriger vers 0,1 % à 0,2 %. C’est peu, mais ce n’est pas une récession.

Depuis quelque temps, la BCE se fait elle aussi du souci pour l’économie, comme il résulte du procès-verbal de la dernière réunion que nous avons pu consulter la semaine passée. Ce procès-verbal confirme par ailleurs que la BCE entame les préparatifs techniques en vue de nouvelles TLTRO.

Le programme TLTRO fournit un financement avantageux aux banques, à condition qu’elles utilisent cet argent pour octroyer des crédits aux entreprises et aux ménages. En 2020, les financements de la série précédente (2016) devront être remboursés à la BCE. Mais il se pourrait bien qu’un nouveau programme arrive. Les banques centrales entendent maintenir l’octroi de crédits. Après-demain, nous recevrons les chiffres du crédit pour le mois de janvier.

Le procès-verbal note également que l’inflation reste peu élevée, malgré des salaires attractifs. Vu le tempo moyen adopté par l’économie, nous ne nous attendons pas à ce que les nouveaux chiffres de l’inflation annoncés vendredi prochain changent ce tableau.  

Des chiffres légèrement meilleurs attendus pour la Chine

En Chine, les PMI (confiance des entrepreneurs) de février sont fort attendus. Les Chinois font eux aussi face à une industrie faible, tandis que le secteur des services maintient un niveau raisonnable. Une situation similaire à celle de la zone euro, donc. Cela n’a rien d’étonnant : dans les deux régions, les effets de la guerre commerciale se font ressentir. En Chine parce que ce pays fait directement l’objet de sanctions, dans la zone euro parce qu’il s’agit d’une économie ouverte entretenant des liens commerciaux avec le monde entier. 

Nous nous attendons néanmoins à une légère amélioration des PMI chinois. Les mesures de stimulation prises par les autorités devront peu à peu commencer à produire leurs effets. En outre, ces dernières semaines, des rumeurs prudemment positives nous parviennent concernant les négociations commerciales entre la Chine et les États-Unis.  


Les États-Unis ne sont pas une île économique

Il y a peu de temps encore, l’économie américaine semblait immunisée contre le ralentissement mondial de la croissance. Mais les derniers chiffres peu encourageants des ventes au détail et de la production industrielle montrent que les États-Unis ne sont pas non plus une île dans l’océan de l’économie mondiale. Le chiffre de la croissance pour le dernier trimestre de 2018 est attendu pour jeudi prochain. Il sera probablement inférieur aux 3,4 % du trimestre précédent et se situera autour des 2,5 %.

Pour l’indice ISM (publication ce vendredi), nous nous attendons également à une baisse, légère il est vrai. Ce n’est pas que l’économie américaine décline à présent brusquement. La confiance des consommateurs, par exemple, reste en effet trop élevée. Cela sera confirmé demain par l’indice de confiance des consommateurs publié par le Conference Board.

La dynamique de croissance moins soutenue étaye en tout cas la décision de la Federal Reserve de temporiser quant à ses hausses des taux. Outre le ralentissement en Europe et en Asie, les hausses qui ont déjà été effectuées constituent peu à peu un frein. Par ailleurs, l’effet des réductions d’impôts s’estompe progressivement. Cette semaine, Powell présentera son exposé semestriel devant le Congrès américain. Nous n’en attendons pas de nouvelles particulières.

De telles nouvelles pourraient toutefois nous venir de la rencontre entre Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-Un. Ou peut-être même de l’enquête sur l’ingérence russe dans les élections américaines. Selon certaines rumeurs, le procureur spécial Mueller prévoit de déposer son rapport. Il s’agira sans aucun doute d’un moment-clé de la présidence de Trump.

 


Publications macro-économiques importantes

Du 25 février au 1er mars inclus

Jour de publication

Région/pays

Publication de

Période

Consensus

Mardi

États-Unis

Confiance des consommateurs CB

Fév

125,0

 

 

Exposé Powell Congrès

 

 

Mercredi

États-Unis

Commandes des usines

Déc

0,6%

 

Zone euro

Croissance du crédit YoY

Jan

3,2%

 

 

Croissance monétaire M3 YoY

Jan

4,0%

 

 

EC Sentiment économique

Fév

105,8

 

Chine

NBS PMI Manufacturing

Fév

49,5

 

 

NBS PMI Services

Fév

54,5

Jeudi

États-Unis

Croissance PIB

4T18

2,4%

Vendredi

États-Unis

Revenu personnel MoM

Déc

0,4%

 

 

Dépenses personnelles MoM

Déc

-0,2%

 

 

ISM Manufacturing

Fév

55,9

 

Zone euro

CPI inflation (flash)

Fév

1,5%

 

 

CPI inflation sous-jacente (flash)

Fév

1,1%

 

 

Chômage (flash)

Fév

7,9%

 

Chine

Caixin PMI Manufacturing

Fév

48,7