La BCE revoit-elle sa politique d’inflation ?

  1. Blog
  2. Neigt de ECB naar een aangepast inflatiebeleid

La BCE revoit-elle sa politique d’inflation ?

Blog
30 juillet 2019
Mario Draghi, Président de la banque centrale européenne, interprète à sa façon son rôle en matière d’inflation.

Temps de lecture estimé : 3’

En bref : 

  • La Fed baisse les taux d’intérêt de 0,25 %
  • L’industrie américaine ressent la baisse de croissance de l’économie mondiale
  • Notre politique de placement maintient une sous-représentation d’actions

La conférence de presse de Mario Draghi jeudi dernier a été des plus remarquables, pas tellement parce qu’il a de nouveau laissé entrevoir un assouplissement de la politique monétaire, car tout le monde s’y attendait. Environ la moitié des investisseurs présumait même que le taux des dépôts de la BCE serait déjà abaissé maintenant. Celui-ci reste toutefois inchangé pour l’instant. 

L’aspect remarquable a surtout résidé dans le fait que la BCE semble interpréter son mandat différemment, quasiment avec désinvolture. Le but poursuivi ne semble plus être le maintien de l’inflation juste sous les deux pour cent, mais un objectif d’inflation symétrique. Cela implique concrètement qu’en cas d’atteinte du niveau de deux pour cent, la politique monétaire ne sera pas automatiquement resserrée. Les banques centrales pourront maintenir la politique simplement souple à ce moment s’ils estiment que cela est nécessaire pour arriver structurellement tout juste sous les deux pour cent à moyen ou long terme.

Attente d’une baisse du taux de la Fed

Cette semaine, c’est au tour de la Fed de se pencher sur sa politique des taux d’intérêt. On s’attend à ce que le président Powell joigne le geste à la parole et abaisse le taux directeur de 25 points de base. En tout cas, c’est ce que quelque 80 % des investisseurs escomptent, les 20 autres pour cent tablant même sur une baisse de 50 points de base.

Nous nous rangeons plutôt dans le premier camp. Au cours du deuxième trimestre, la croissance de l’économie américaine a certes été moins exubérante qu’au début de l’année (2,1 % contre 3,1 %), mais réduire tout de suite le taux directeur d’un demi pour cent nous paraît prématuré en ce moment. Les marchés financiers pourraient peut-être s’en effrayer également, en se demandant si quelque chose ne leur a pas échappé dans le bulletin de santé économique des États-Unis.

L’industrie américaine a des ratés

En relation avec ce bulletin, nous connaîtrons ce jeudi l’important indice ISM manufacturier. Un baromètre de confiance de l’industrie similaire (Markit PMI) a continué de s’écrouler la semaine dernière, pour atteindre un score qui n’indique tout juste pas une contraction franche de l’industrie manufacturière.  Le tableau américain commence donc à  ressembler un petit peu à celui de la zone euro, bien qu’à un stade moins avancé. Le secteur des services se maintient bien, mais le climat industriel pâtit progressivement du ralentissement de la croissance mondiale. 

Il va sans dire que la Chine joue un rôle important dans cette température de l’économie mondiale. Une solution (partielle) du conflit commercial avec les États-Unis est une condition nécessaire pour stimuler la croissance dans ce pays. Mais bien que de nouvelles négociations soient apparemment en cours, cela ne se reflétera pas encore dans les PMI qui seront également publiés cette semaine en Chine. Pour le moment, nous n’anticipons pas de changement du tableau mitigé.

Création d’emplois au ralenti

Pour terminer, intéressons-nous encore un peu au rapport sur le marché de l’emploi américain, qui est publié traditionnellement le premier vendredi de chaque mois. Le rythme auquel l’économie américaine crée des emplois ralentit. Ainsi, alors que 233 000 emplois avaient été créés en moyenne par mois au quatrième trimestre de 2018, ce chiffre est retombé à 177 000 au deuxième trimestre de cette année. Cela n’implique pas de suppressions d’emplois, le marché du travail reste solide, mais la tendance à une diminution de la croissance est claire.

Politique d’investissement stable

Qu’est-ce que tout cela signifie à présent pour les marchés d’actions ? En tout cas, la « chasse au rendement » n’est pas encore terminée. Avec un taux d’intérêt bas voire négatif, les investisseurs doivent chercher d’autres solutions. Cela continuera de soutenir les actions, tout comme ce fut le cas ces dernières années.

Bien entendu, le seul soutien des taux d’intérêt bas n’est finalement pas suffisant. La croissance économique doit également maintenir un régime suffisamment élevé, ce qui préoccupe particulièrement Draghi. La croissance économique constitue à son tour la base de solides bénéfices des entreprises.
 
Au cours du deuxième trimestre, ces bénéfices des entreprises se sont déjà avérés meilleurs que prévus, tant aux États-Unis qu’en Europe. Environ un tiers des entreprises ont déjà publié leurs chiffres trimestriels. Aux États-Unis, le bénéfice par action (à l’exclusion du secteur de l’énergie) a augmenté de 7 % en moyenne par rapport à la même période de 2018. En Europe, l’augmentation a été de 4 %, ce qui est environ 5 % plus élevé que les prévisions pour les deux régions.
 
En outre, surtout aux États-Unis, les chiffres meilleurs que prévus sont bien répartis sur les divers secteurs. À l’exception de l’énergie et des matières premières, les bénéfices sont en augmentation partout. En Europe, ce tableau est un peu plus nuancé. Les prestataires de services financiers, les producteurs de biens de consommation durables et les prestataires de services de télécommunication sont déficitaires en moyenne.
 
En résumé, nous nous sentons en ce moment à l’aise avec une politique d’investissement dans laquelle les actions ne sont que légèrement sous-représentées par rapport à l’investissement moyen à long terme, mais bel et bien avec un poids suffisamment élevé dans un portefeuille diversifié pour avoir profité de l’évolution récente des marchés boursiers. Pour le proche avenir, nous continuons à guetter des signaux indiquant que la croissance pourrait redémarrer quelque peu. Cela constituera un paramètre très important dans notre processus décisionnel. 
 

Principales publications macroéconomiques 

Du 29 juillet au 2 août

Jour de publication

Région/Pays

Publication de

Période

Consensus

Mardi

Zone euro

Confiance des entreprises

    Juil        -0,03

États-Unis Revenu personnel sur 1 mois    Juin         0,4%         
 
Dépenses personnelles sur 1 mois    Juin         0,3%


Confiance des consommateurs du CB     Juil         124,5
Mercredi Zone euro Croissance du PIB sur 12 mois (2e estimation)    2Q19         1,0%

  Chômage(flash)     Juil         7,5%
    Inflation IPC sur 12 mois (flash)     Juil         1,1%
   Etats-Unis Réunion de la Fed/
Décision taux d’intérêt
 

       -0,25%

   Chine PMI manufacturier du NBS     Juil         49,6 
 
PMI non manufacturier du NBS     Juil         54,5
Jeudi  États-Unis ISM manufacturier     Juil         52,7
   Chine Indice PMI manufacturier Caixin     Juil         49,6
 Vendredi  Zone euro Ventes du commerce de détail sur 12 mois    Juin         1,6%
   États-Unis Création d’emplois (hors agriculture)     Juil         160K
    Chômage     Juil         3,6%
    Salaires horaires sur 12 mois     Juil         3,2%