Le virage de Powell

  1. Blog
  2. Juichen beleggers te vroeg

Le virage de Powell

Investissements
04 février 2019
Assez surprenant, le virage amorcé la semaine passée par le patron de la Fed Jerome Powell.
Il apparaît que le Réserve fédérale pourrait prochainement aussi bien relever qu’abaisser son taux. En décembre, deux hausses des taux étaient encore annoncées pour 2019.

Autre fait notable, la tournure qu’ont pris les projets de réduction du bilan. Suite à la crise financière, plusieurs rondes d’assouplissement quantitatif (rachat d’obligations) avaient fait gonfler le bilan de la banque centrale. Un dégonflement du bilan a dès lors été entamé fin 2017. La Fed a réinvesti moins d’obligations qu’il n’en venait à échéance dans son portefeuille. Avec pour effet que, depuis, le bilan se réduit et que de moins en moins de liquidités sont pompées dans le ‘système financier’. Ce qui explique notamment pourquoi les Bourses ont vécu un deuxième semestre 2018 difficile, notamment dans les pays émergents.

Powell affirmait encore il y a peu que le rythme actuel de réduction de la taille du bilan (50 milliards de dollars par mois) était en pilote automatique. Avant de faire machine arrière la semaine passée. L’heure de la fin du dégonflement du bilan pourrait ainsi être plus proche qu’on ne le pense.


Les investisseurs vont-ils continuer à se réjouir ?

Les Bourses ont acclamé les nouveaux projets de la Fed : vive la politique d’assouplissement monétaire ! La question se pose toutefois de savoir si cette allégresse s’avèrera justifiée.

Beaucoup dépend des raisons sous-jacentes pour lesquelles Powell et ses collègues ont changé leur fusil d’épaule. Reste aussi à voir si l’avenir leur donnera raison. Un aperçu des options :

• La banque centrale a fini par céder à la pression exercée par Trump. Le président attaquait en effet régulièrement la banque centrale à coup de tweets. Surtout quand celle-ci relevait les taux.

Cette option nous semble improbable. Mais si elle contient un jour une part de vérité, on peut dire que les nouvelles ne sont pas bonnes à long terme pour les investisseurs. Une banque centrale qui (sous la pression politique) maintient ses taux à un niveau trop bas stimule, certes, la croissance à court terme. Mais cette situation risque d’entraîner une inflation trop élevée, de créer des bulles sur les marchés financiers ou dans le secteur de l’immobilier, de se traduire par un endettement considérable, etc. Pour tout dire, l’effet est en fin de compte déstabilisant.

• La deuxième option est que la boule de cristal des administrateurs de la Fed prédit un mauvais climat économique. Powell renvoyait explicitement aux incertitudes croissantes dues aux facteurs bien connus que sont la guerre commerciale, le Brexit, les désastres provoqués par le shutdown, etc. Alors que la Fed décrivait en décembre encore l’état de santé de l’économie américaine comme ‘robuste’, elle ne la qualifie aujourd'hui plus que de ‘solide’.

Un tel scénario n’augure rien de bon non plus pour les marchés des actions. Ce sont en effet en fin de compte les résultats d’exploitation qui stimulent les taux. Les chiffres d’affaires ont besoin d’un environnement économique solide.

• Et le ralentissement de la croissance (américaine) en 2019 est précisément notre angle d’approche. Ne serait-ce que parce que l’effet de la baisse des impôts s’éteint petit à petit. Ce qui ne veut pas dire que nous tomberons inévitablement dans un environnement économique défavorable. Les chiffres américains demeurent quoi qu’il en soit positifs pour l’instant, comme en témoigne le rapport sur l’emploi positif de janvier, publié vendredi passé.

Nous attendons cette semaine également à nouveau des chiffres positifs pour l’économie américaine en ce qui concerne la confiance des entreprises dans le secteur des services (ISM Non-Manufacturing). Il est vrai que ce secteur est relativement insensible au contexte international et reflète surtout la situation intérieure. Mais pour une économie relativement fermée telle que l’économie américaine, ces forces intérieures sont déterminantes.

Si ce scénario de croissance inférieure mais malgré tout vigoureuse est combinée à des chiffres inflationnistes se situant autour de l’objectif de deux pour cent de la Fed, la banque centrale n’a aucun intérêt à se précipiter. Une nouvelle hausse des taux n’est pas exclue, mais rien ne presse. 

Avec cette troisième option, les investisseurs se retrouveraient dans ledit ‘scénario Boucles d’Or’ : une croissance convenable, une pression inflationniste minime et un nombre limité de hausses des taux supplémentaires, voire aucune hausse des taux.

On ne sait pas très bien lequel de ces scénarios (ou encore un autre scénario ?) Powell avait en tête. Nous flottons personnellement quelque part entre l’option deux et trois, avec toutefois pour les États-Unis une préférence pour l’(optimiste) option trois. Dans un contexte plus large, nous devons, principalement pour l’Europe et la Chine, prendre garde à ne pas tomber dans l’option deux d’un climat économique de plus en plus maussade. Pour ces régions, quelques chiffres économiques encourageants seraient les bienvenus au cours de la période à venir. Ne serait-ce que pour justifier le rallye boursier qui a débuté au début de cette année.  


Publications macro-économiques importantes

Du 4 février au

8 février inclus

Jour de publication

Région/pays

Publication de

Période

Consensus

Lundi

États-Unis

Commandes d’usine MoM

Déc

+0,3%

Mardi

États-Unis

ISM Non-Manufacturing

Jan

57.0

 

Zone euro

Ventes de détail YoY

Déc

+0,5%