Devons-nous craindre la révolution digitale ?

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Devons-nous craindre la révolution digitale ?

Thierry Geerts, directeur Google Belgique et Luxemburg tente d’apporter la réponse à cette question. Suivez, trois semaines durant, notre série des digidiscours.

Dans Digitalis, vous tracez les contours d'un monde meilleur, plus honnête, plus sûr et plus sain grâce à la poursuite de la digitalisation. Quel est l’exemple qui illustre le mieux ces propos ?

Thierry Geerts : « En matière de santé, nous constatons déjà les premiers signes de changement. Jusqu’à présent, cela se déroule comme suit : si vous ne vous sentez pas bien, vous allez chez le médecin ou à l’hôpital. Ensuite, vous êtes soigné. À l’avenir, votre médecin veillera à ce que vous ne tombiez pas malade à l’aide d’outils numériques. Le mesurage de la tension artérielle est actuellement un instantané unique, alors qu’un capteur numérique peut mesurer votre tension artérielle en permanence et un algorithme peut avertir votre médecin s’il y a quelque chose d’anormal. Le médecin prend alors rendez-vous avec vous pour examiner à temps ce qui se passe. Un exemple déjà sur le marché actuellement : la lentille de contact qui change de couleur lorsque le taux de sucre d’un patient diabétique est trop bas. »

Les évolutions avancées dans les soins de santé pourront-elles rester abordables pour chacun ?
« En principe, ces applications doivent pouvoir rester financièrement abordables. En effet, il est moins coûteux de maintenir les gens en bonne santé que de les soigner quand ils sont malades. La Belgique est très forte dans les sciences médicales et possède une industrie pharmaceutique prospère. Si ces secteurs réagissent intelligemment à ces tendances, cette évolution sera également bonne pour l’économie belge. »

  

Chaque invention importante qui a amélioré notre vie au cours des cent dernières années a également une face cachée.

Thierry Geerts
Qu’en est-il de la protection de la vie privée si des applis nous surveillent en permanence et savent tout sur notre santé ? 

« La protection de la vie privée est un sujet très important, mais également une question de responsabilité partagée. La protection de la vie privée commence par l’utilisateur qui fait souvent preuve d’une trop grande nonchalance avec les mots de passe. Le mot de passe le plus populaire est toujours 123456. Un bon mot de passe est aussi important qu’une serrure robuste à votre porte d’entrée. Mais la protection de la vie privée est évidemment aussi la responsabilité des entreprises et des pouvoirs publics. À ce niveau, nous vivons heureusement sur le continent qui possède la meilleure législation en matière de protection de la vie privée. »

Est-il normal que les gens craignent la nouvelle technologie ?
« Il est tout à fait normal que les gens se fassent du souci à propos de la nouvelle technologie. Chaque invention importante qui a amélioré notre vie au cours des cent dernières années a également une face cachée. Le fait que l’espérance de vie a presque doublé au cours des dernières décennies est notamment dû à une amélioration des soins de santé et plus précisément au développement de la radiologie et de la radiothérapie. Mais le revers de la médaille est la bombe atomique. En dépit de la grande crainte d’une guerre nucléaire, il n’y en a heureusement toujours pas eu, même si ce n'était certainement pas impossible. Devons-nous pour autant nous enfermer pour ainsi dire dans un abri souterrain pendant les prochaines années par crainte de la digitalisation ? Cela ne me semble pas être une bonne idée. Nous devons maîtriser les risques et les gérer de la meilleure manière possible.
 

Durant trois semaines successives, nous proposons un long entretien avec Thierry Geerts. 

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