Prudent changement de cap de la BCE

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Prudent changement de cap de la BCE

Investissements
21 janvier 2019
Une nouvelle réunion de la BCE est prévue jeudi prochain.

Il est probable que la conférence de presse qui suivra ne fera que confirmer que nous ne devons plus nous attendre à des hausses des taux cette année. L’économie européenne n’est effectivement pas très en forme. Le dernier trimestre de 2018 n’a pas apporté la reprise espérée après un troisième trimestre faible.

L’Allemagne a de peu évité une récession. Après un rétrécissement économique de 0,2 % au troisième trimestre, la croissance s’est à peine rétablie au cours des trois derniers mois de l’année (de +0,1 % à +0,2 %). Les Allemands illustrent ainsi l’image générale de la zone euro.

Pas étonnant que la BCE ait commencé à amorcer un prudent changement de cap en décembre, lors de sa réunion de politique précédente, plus précisément en ce qui concerne sa politique d’assouplissement quantitatif. Le rythme de cette politique a été réduit depuis le nouvel an. Par mois, la banque centrale n’achète plus davantage d'obligations qu’il n’en échoit dans le portefeuille qu’elle a constitué. Les achats nets sont donc retombés à zéro, ce qui implique que le bilan de la BCE est à cet égard maintenu à un niveau constant. À titre de comparaison : aux États-Unis, la Fed réinvestit moins d’obligations qu’il n’en échoit, ce qui entraîne un rétrécissement de son bilan.

La BCE n’en est pas encore là. Au contraire, la réduction progressive de la taille du bilan pourrait encore être reléguée à l’arrière-plan. Il semblait d’abord encore (vaguement) que la réduction progressive débuterait largement après le nouvel an. En décembre, il était question de ‘largement après la première hausse des taux’. Si l’on tient compte de la promesse précédemment faite qu’une telle hausse des taux n’aura pas lieu avant l’été prochain, le changement de cap prudemment amorcé s’explique.

Le plus fort, c’est que si les tendances économiques et inflationnistes restent modérées, Draghi reculera sans doute le calendrier de cette première hausse des taux. Et ‘l’automne’ pourrait à tout moment remplacer ‘l’été’, et même devenir ‘l’hiver’ 2019-2020...

Quoi qu’il en soit, pour les épargnants, le message est clair : n’espérez rien. Pour les investisseurs en actions, il s’agit d’une arme à double tranchant. Un taux bas persistant est positif en soi. Mais dans ce cas, la croissance économique doit quelque peu rester à niveau. Ce que nous supposons qu’elle fera à l’heure actuelle, mais nous devons y rester très attentifs.

Attendre que la confiance des entrepreneurs soit plus stable

Nous guettons dès lors chaque mois les chiffres de l’indice Markit PMI (mesure de la confiance des entrepreneurs par le biais de la consultation des responsables des ventes). Cela sera de nouveau le cas jeudi prochain.

Après une tendance à la baisse structurelle en 2018, nous espérons maintenant une stabilisation, voire une légère reprise, surtout pour les chiffres du secteur des services. Ce secteur est moins exposé aux tensions commerciales internationales, qui touchent davantage l’industrie de transformation. Si nos espoirs se concrétisent, les inquiétudes des investisseurs concernant la croissance pourraient être quelque peu tempérées. Ces mêmes investisseurs accorderont d’ailleurs cette semaine également une attention spéciale à la confiance des entrepreneurs allemands (indice IFO ce vendredi).

La croissance chinoise à son niveau le plus bas depuis 28 ans

En tant qu’économie relativement ouverte, l’Europe dépend en grande partie des tendances mondiales. La Chine joue bien entendu un rôle important à cet égard. Les chiffres officiels de la croissance chinoise du quatrième trimestre 2018, se rapprochant des prévisions, ont été publiés ce matin. Et c’est bien là la seule chose positive.

La mesure dans laquelle l’économie chinoise continuera ou non à ralentir revêt une importance cruciale pour les prochains mois. Un apaisement de la guerre commerciale serait bien entendu bénéfique à cet égard. Mais il y a plus. Même sans les tensions politiques, l’économie chinoise soulèverait des points d'interrogation.

Elle doit, comme on le sait, devenir moins dépendante de son rôle d’‘usine du monde’ et doit se tourner vers un modèle reposant davantage sur les services et la demande intérieure. Ce qui représente une nouvelle étape dans l’évolution d'un ‘marché émergent’ vers un ‘marché développé’.

Parallèlement à cet exercice déjà délicat, il y a également le problème de l’endettement, qui est surtout apparu après la crise de 2008-2009. Une partie de la dette est due à ladite « finance de l’ombre », c’est-à-dire la partie non réglementée du système financier.

La finance de l’ombre comporte bien entendu des risques. Les autorités chinoises veulent s’attaquer au problème. Depuis deux ans, les capitaux qui sont transférés vers l’économie par ce biais, ont été réduits. Ce qui explique également le climat de croissance en baisse.

La Chine tente pourtant de donner un coup de pouce à l’économie par le biais de la réglementation des banques, d'une baisse des impôts et de la réalisation de travaux infrastructurels. Nous nous attendons à en constater les effets à partir du second semestre. Une atténuation, d’ici là, du conflit commercial, serait également accueillie à bras ouverts par les investisseurs.



Publications macro-économiques importantes

Du 21 janvier au

25 janvier inclus

Jour de publication

Région/pays

Publication de

Période

Consensus

Lundi

Chine

PIB YoY

4T18

6,4 %

 

 

Production industrielle YoY

Déc

5,7 %

 

 

Ventes de détail YoY

Déc

8,2 %

Mardi

Allemagne

Indice ZEW

Jan

-18,3

Mercredi

Zone euro

Confiance des consommateurs (flash)

Jan

-6,5

Jeudi

Zone euro

Markit PMI Manufacturing (flash)

Jan

51,4

 

 

Markit PMI Services (flash)

Jan

51,5

 

 

Réunion de politique BCE

 

 

 

États-Unis

Markit PMI Services (flash)

 

54,2

 

 

Markit PMI Manufacturing (flash)

 

53,5

Vendredi

Allemagne

Indice IFO

Jan

100,6