martin bacquaert | Entre-Deux-Monts

Notre objectif est de perdurer sur plusieurs générations

Le viticulteur Martin Bacquaert a appris les ficelles du métier à Bordeaux et à Montpellier, mais il a découvert que le sud-ouest de la Flandre se prête également à la viticulture, notamment grâce au changement climatique.

Peut-être avez-vous déjà savouré un verre de Bacquaert Brut dans les restaurants Sel Gris, Willem Hiele, Wasserette ou encore chez In de Wulf. « C’est de notre Bacquaert Brut, produit à l’aide de la méthode traditionnelle, que je suis le plus fier », déclare le vigneron renommé de Flandre-Occidentale Martin Bacquaert (39 ans). « Par ailleurs, notre premier vin mousseux, le Wiscoutre, constitue l’apéritif parfait. Nos vins mousseux se démarquent par leur qualité supérieure. Grâce à leur fraîcheur, leur saveur et leur tension, ils expriment parfaitement notre identité. »

Etre servi aux meilleures tables moins de quinze ans après la plantation des premières vignes sur le domaine familial à Westouter est un bel exploit ! Une histoire faite de persévérance et marquée par de nombreuses nuits blanches, une destinée qui s’accomplit et se solde par une grande satisfaction.

Viticulteur dans l’âme

Que Martin Bacquaert travaillerait dans le domaine des spiritueux était une évidence. L’arrière-grand-père de M. Bacquaert embouteillait des bières locales. Quant à son grand-père Jean, il était propriétaire des terres où l’on cultivait le tabac dès les années 1950. Dans les années 1980, son père Yves s’est lancé dans l’importation de vin français. C’est sous son impulsion que les premières vignes ont été plantées sur le domaine familial situé entre le Rodeberg et le Zwarteberg. Ces collines d’environ 150 m de haut ont inspiré le nom du domaine : Entre-Deux-Monts.

Un domaine à part entière

Pourtant, le jeune Martin Bacquaert semblait s’engager au départ dans une autre direction lors de ses études de ingénieur agronome. Le déclic n’intervint réellement que lors de sa rencontre avec un viticulteur de Saint-Émilion, qui l’a invité à venir faire les vendanges.
Une fois son diplôme de ingénieur agronome en poche, Martin Bacquaert a étudié l’œnologie à Bordeaux et à Montpellier, puis effectué des stages dans plusieurs grands domaines viticoles en Italie et en France. Cet apprentissage semblait parfait pour lui permettre d’effectuer une carrière internationale de vigneron. « Ce fut une période très intéressante et enrichissante », affirme Martin Bacquaert. « Cependant, j’ai progressivement réalisé que la plupart des vignerons rêvent de posséder leur propre domaine viticole et de produire leur propre vin. Et j’avais l’opportunité de concrétiser ce rêve à Westouter. »

Nous cherchons à nous affirmer comme l’une des références de la viticulture en Belgique.

« Mon père ne m’a jamais poussé à suivre cette voie »

Le gouffre entre la théorie et la pratique est parfois considérable, surtout lorsqu’il s’agit d’exercer une activité comme la viticulture dans une région située relativement au Nord. M. Bacquaert se souvient : « Au début, il y avait beaucoup d’incertitude. Les raisins seront-ils suffisamment mûrs ? Le climat local est suffisant pour nos vins mousseux. Pour les vins non mousseux, c’est tout juste. La situation commence à s’améliorer grâce au changement climatique et aux étés chauds de ces dernières années. Avec le temps, les vignes gagnent en maturité et mon savoir-faire grandit. »

En définitive, M. Bacquaert suit-il la voie soigneusement tracée par son père ou a-t-il pu faire ses propres choix ? Il rit. « Mon père est particulièrement prudent à cet égard. Il ne m’a jamais poussé à suivre cette voie. En principe, mes études de ingénieur agronome m’ouvrent toutes les portes. Suite à ma rencontre avec ce négociant en vin, l’idée a commencé à germer et j’ai effectivement fini par réaliser le scénario rêvé par mon père. Cependant, j’ai fait ce choix tout seul. »

À l’épreuve du coronavirus

Dans quelle mesure une entreprise fortement dépendante des restaurateurs peut-elle résister à la crise du coronavirus ? En effet, à une époque où même les meilleurs restaurants misent sur les plats à emporter, il y a fort à parier que le client se rabatte plutôt sur une bouteille de sa propre cave. « C’est vrai. Mais heureusement, nos distributeurs sont restés actifs et les ventes se sont poursuivies dans plusieurs magasins. Pendant la crise du coronavirus, nous avons vendu 90 % de moins que d’habitude. Cette situation ne peut pas s’éterniser pendant six mois. Nous devons donc évaluer s’il serait judicieux de mettre en place notre propre boutique en ligne pour livrer aux particuliers. Nous avons un avantage : notre produit a une longue durée de conservation. »

Long terme

La vision à long terme de Martin Bacquaert est parfaitement illustrée par son approche durable. Entre-Deux-Monts a d’ailleurs remporté le concours d’innovation « Durabilité et empreinte carbone » (Duurzaamheid en Carbon Footprint) de l’Innovatiesteunpunt en 2012. Bacquaert n’opte pas pour un label biologique, mais pour une approche holistique durable dans le cadre de laquelle il essaie, étape par étape, de réduire l’empreinte CO2 par bouteille.


Quel est l’objectif qu’Entre-Deux-Monts souhaite atteindre d’ici cinq ans ?
« Notre ambition dépasse de loin les cinq ans. Nous avons pour objectif de perdurer sur plusieurs générations », déclare-t-il en souriant. « Nous cherchons à nous affirmer comme l’une des références de la viticulture en Belgique. Nous voulons au moins maintenir le niveau de qualité actuel et, si possible, l’améliorer. Nous cherchons à approfondir encore la durabilité, sous toutes ses facettes. Par exemple, nous voulons rendre la salle de dégustation et la boutique accessibles aux personnes à mobilité réduite. »


Un ancrage régional

Le domaine existe désormais depuis plus de quinze ans. Martin Bacquaert porte-t-il désormais un autre regard sur son terroir ? « J’ai été élevé à Vlamertinge, à dix kilomètres d’ici. J’ai étudié à Gand, Montpellier et Bordeaux. Je n’étais pas fermement ancré dans ma région, mais c’est désormais le cas. Le Heuvelland est une région fantastique et pleine de charme. Je trouve qu’il est passionnant d’y faire office de pionnier dans le domaine viticole et d’approfondir ma connaissance des terroirs des différentes parcelles. »

Ambassadeur engagé d'Entre-Deux-Monts

Ambassadeur | Van Lanschot
Le Private Banker Peter Van Haute, originaire de la même région, est un ambassadeur engagé d’Entre-Deux-Monts. Comment en est-il arrivé là ? 

« Je connaissais déjà Entre-Deux-Monts, mais je n’ai vraiment appris à apprécier le domaine, les vins et Martin qu’au cours d’un stage de vingt jours dans le cadre d’une formation agricole que j’ai suivie pendant mon temps libre. Pendant cette courte période, j’y ai pris goût et j’ai suivi par après une formation complémentaire en viticulture. »

« Je fais souvent cadeau des vins mousseux et blancs d’Entre-Deux-Monts, qui sont par ailleurs régulièrement offerts lors des événements de Van Lanschot. Il s’agit de produits régionaux de haute qualité aisément comparables aux bons vins français dans une dégustation à l’aveugle. 

Aujourd’hui plus que jamais, nous devons soutenir et promouvoir les produits locaux. Oui, vous pouvez me qualifier d’ambassadeur d’Entre-Deux-Monts. » 

« D’ailleurs, je constate un certain nombre de similitudes entre mon travail quotidien de banquier privé chez Van Lanschot et l’approche holistique d’un domaine comme Entre-Deux-Monts : nous aussi, nous avons une vision globale et nous travaillons à petite échelle, ce qui nous permet de réagir très rapidement à l’évolution des conditions du marché et de prendre des décisions.

Nous attachons beaucoup d’importance à la durabilité et mettons tout en œuvre pour assurer une structuration adéquate du patrimoine. Le but final de cette approche est un transfert optimal à la prochaine génération. »

Peter Van Haute | Private Banker