make-a-wish | 160 vœux par an

« Les miracles existent »

Chaque année, Make-A-Wish réalise les rêves d'environ 160 enfants gravement malades. La coordinatrice générale Hilde Vander Stichele nous a permis de jeter un coup d'œil dans les coulisses des faiseurs de miracles.
Être confronté à une maladie mortelle a un énorme impact. C'est une situation de la vie quotidienne faite d'incertitudes, de craintes, de douleurs, d'examens... Lorsque cela arrive à un enfant, nous trouvons spontanément que c'est vraiment injuste, car c'est contraire à l'insouciance et à la santé rayonnante que nous prêtons généralement à la jeunesse. Et l'enfant n'est pas le seul à souffrir des circonstances, mais la famille entière doit y faire face pendant des semaines, des mois, voire des années. L'organisation Make-A-Wish essaie d'être une lueur d'espoir dans cette période sombre en réalisant un rêve de l'enfant en question.

Wish journey

« Nous croyons fermement au pouvoir de guérison de l'accomplissement des rêves. Si un enfant croit que son plus grand souhait peut se réaliser, il croit également qu'il peut guérir. Les miracles sont possibles », explique Hilde Vander Stichele. « Par ailleurs, nous veillons à ce que l'accomplissement des rêves soit un parcours complet que nous appelons la wish journey . De cette manière, ce n'est pas un événement isolé mais un vécu  réparti au fil du temps. Par exemple, pour un enfant qui rêvait d'apprendre à jouer de la guitare électrique, nous avons acheté la guitare, recherché un professeur et, cerise sur le gâteau, organisé un mini-concert pour la famille et les amis. Un enfant doit pouvoir rester un enfant. Mais les enfants gravement malades se retrouvent souvent dans un environnement où ce n'est plus possible. Grâce à nous, ils peuvent, ainsi que leurs proches, oublier leur situation l'espace d'un instant.»
Hilde Vander Stichele | coordinatrice générale

J'ai déjà assisté à plusieurs accomplissements de rêves et c'est à chaque fois un sentiment particulièrement chaleureux.

Nos bénévoles forment une grande famille

Fait remarquable : Make-A-Wish parvient à réaliser tous les vœux qui répondent aux critères, et il y en a environ 160 par an. Pour entrer en ligne de compte, un enfant doit avoir entre 3 et 18 ans et souffrir d'une maladie grave. Ceci doit être attesté par un certificat médical.

Les souhaits sont on ne peut plus variés : un garçon en fauteuil roulant veut devenir pompier, une fillette rêve de diriger un jour une entreprise. Un autre enfant veut devenir un super-héros ou rencontrer son chanteur favori. « Les vœux peuvent être répartis en quatre catégories », dit Hilde Vander Stichele. « Je désire quelque chose, j'aimerais aller quelque part, j'aimerais rencontrer quelqu'un ou j'aimerais être quelqu'un. Pour réaliser ces vœux, nous pouvons compter sur l'enthousiasme merveilleux d'environ cent vingt bénévoles. Ils sont notre principal atout. Certains d'entre eux y consacrent dix à vingt heures par semaine. Mais ils reçoivent également beaucoup en retour. Nos bénévoles forment une grande famille. J'ai déjà assisté à plusieurs accomplissements de rêves et c'est à chaque fois un sentiment particulièrement chaleureux : l'émotion des enfants, le dévouement des bénévoles, l'enthousiasme des organisations et des entreprises concernées sont formidables. »

Nos bénévoles sont encadrés et apprennent  comment rendre visite à une famille touchée par une maladie grave. Outre les bénévoles, les donateurs et les entreprises qui mettent en place des actions sont indispensables, car sans eux, l'organisation ne dispose pas du soutien financier et logistique nécessaire. 

Les médecins sont là pour les médicaments, et Make-A-Wish pour le miracle.

L'essentiel pour que l'impact de la réalisation d'un vœu soit maximal est qu'il s'agisse du vœu le plus cher de l'enfant en question, explique Hilde Vander Stichele. « Une fois la demande approuvée, une équipe de 'vœu' est constituée ; elle se compose de 2 à 3 bénévoles qui habitent à proximité de l'enfant. Leur première mission consiste à définir, en concertation avec l'enfant, son vœu le plus cher. Pour les plus jeunes enfants, nous avons une wishbox  dans laquelle ils peuvent notamment choisir des dessins à colorier. Pour les enfants plus âgés, nous travaillons avec une appli. Ces outils nous aident à déceler son vœu le plus cher, qui est différent pour chaque enfant. Ensuite, nous essayons de réaliser chaque vœu de la manière la plus créative possible. Comme le soulignait un neurologue israélien après une étude scientifique sur l'impact d'un vœu : "Les médecins sont là pour les médicaments, et Make-A-Wish pour le miracle." ».

Nous n'avons pu accomplir aucun rêve. La distanciation sociale est importante pour ce groupe très vulnérable. 

Ce qui est très touchant? Ce sont les enfants qui ne souhaitent pas quelque chose pour eux-mêmes, mais pour d'autres. 

Tous les vœux ont la même valeur, même si certains sont plus difficiles à réaliser que d'autres. « Pour un enfant, le rêve ultime est d'avoir son propre iPad, alors qu'un autre enfant en a déjà un », souligne Hilde. Organiser des rencontres peut parfois être un fameux défi, mais en sachant que l'année dernière, Make-A-Wish a permis à un garçon de rencontrer le pape à Rome, on commence à croire que rien n'est impossible.

Ce qui est très touchant, ce sont les enfants qui ne souhaitent pas quelque chose pour eux-mêmes, mais pour d'autres. L'un des plus beaux exemples est un garçon qui souhaitait un puits pour un village en Gambie. Un vœu qui a pu être réalisé via une action de crowdfunding.

En raison de la crise du coronavirus, tout a été mis en suspens, y compris chez Make-A-Wish. Hilde Vander Stichele prend la situation avec philosophie. « La situation est à l'arrêt, mais nous ne pouvons rien y faire. La distanciation sociale est particulièrement importante pour ce groupe très vulnérable. »