L’impact du coronavirus sur le secteur du golf 

Le monde du golf n'a pas échappé aux conséquences du covid-19. Le moment est venu d'évoquer l'avenir, mais aussi de jeter un coup d'œil aux mois écoulés dans le monde du golf avec Marc Verneirt, secrétaire général de Golf Vlaanderen, la fédération golfique en Flandre.
La crise du coronavirus a profondément changé notre vie. Comment la fermeture obligatoire des clubs de golf a-t-elle été gérée par votre fédération, Golf Vlaanderen ? 

Marc Verneirt :  « La première réaction de nombreuses personnes a été l'incompréhension. En effet, le golf est un sport dans lequel les règles de distanciation sociale peuvent facilement être respectées. Mais nous avons heureusement compris rapidement qu'aucune exception n’était permise. En période de crise, la solidarité est primordiale. Il convient de se raccrocher aux valeurs fondamentales. Au golf, ce sont le fair-play et l'étiquette. Dans le cadre du coronavirus, il est donc  logique que nous suivions les règles relatives aux sports de plein air si les pouvoirs publics le demandent. Surtout lorsqu'on s'est battu pendant des années pour que le golf devienne un sport olympique à part entière, un traitement de faveur ne serait pas de mise. »

Le secteur a lourdement souffert de la crise du coronavirus sur le plan financier

« Comme partout, les pertes s'accumulent rapidement. La perte de revenu se situe à trois niveaux : dans les clubs, chez les exploitants de l'horeca et chez les formateurs indépendants. Nous avons fait un tour de table concernant le fonds d'urgence attendu pour le sport. Nous estimons la perte de revenu entre le 15 mars et le 3 mai à 3 millions d'euros pour les clubs, 3 millions d'euros pour l'horeca au niveau du golf et 1 million d'euros pour les formateurs indépendants. »

Réserve financière
Quelles sont les conséquences pour les clubs ?
« Tout compte fait, les clubs ont eu la chance que la crise débute seulement en mars ;  les cotisations venaient d'être perçues. Elles constituent une réserve financière importante. Mais les cotisations ne sont pas la seule source de revenus pour un club. Les green fees – les contributions que paient les visiteurs pour utiliser le terrain de golf – et les revenus des compétitions commerciales ont totalement disparu. Par ailleurs, la plupart des frais demeurent. Le personnel administratif est au chômage technique, mais le gazon, lui, continue de pousser. Les green keepers ne chôment pas et font contre mauvaise fortune bon cœur en entretenant parfaitement les parcours. L’exprimer me fait mal au cœur, mais les meilleurs parcours sont obtenus par un bon entretien et le moins de joueurs possible. »
Quel regard jetez-vous sur les premières semaines de la crise du coronavirus ?

« Bien entendu, nous n'avions préparé aucun scénario pour des circonstances aussi exceptionnelles, c'est tout simplement impossible. Ce qui m'a frappé, c'est qu'une crise aide à se concentrer. Golf Vlaanderen est une fédération de clubs, pas de joueurs. En période ordinaire, nous avons parfois tendance à l’oublier. Maintenant, nous en avons clairement pris conscience. Pendant les deux premières semaines, nous nous sommes exclusivement concentrés sur les clubs et sur la concertation avec les pouvoirs publics et l'organisme de coordination des organisations sportives. Nous avons transmis un message de solidarité. Nous avons continué à communiquer de manière très transparente et structurée. 

Le gazon ne s'arrête pas de pousser. Les green keepers continuent à travailler.

« Les premières semaines ont été un tourbillon où l'on recevait chaque jour de nouvelles mesures qu'il fallait transmettre. Il arrive un moment où il faut s’arrêter un instant pour reprendre son souffle. »

Comment ont réagi les golfeurs ?
« Ils ont également été pris dans un tourbillon émotionnel d'incrédulité, de frustration et de compréhension progressive. J'ai vu de belles actions de solidarité, notamment avec le hashtag #staystrong. Chez certains individus, la frustration de ne pas pouvoir jouer reste présente, mais je pense qu'il s'agit d'une minorité. La plupart des gens comprennent la situation. »

Van Lanschot est sponsor principal des fédérations de golf.

Quelles sont les valeurs que la banque et le golf ont en commun ?

« Je vois plusieurs parallèles. Nous attirons dans une large mesure le même public. L'un comme l'autre, nous devons faire face – à tort – à une image quelque peu exclusive. Et nous misons tous deux sur la démocratisation, mais sans renoncer à nos valeurs. Chez les pratiquants du golf et parmi la clientèle des banques privées, la plupart des gens pensent à l'image classique de l'homme d'âge mûr, financièrement aisé et ayant réussi, qui profite de la vie et a un certain sens du style. Nous ne sommes pas le sport le meilleur marché, mais la démocratisation est en cours, tout comme chez Van Lanschot. »

La crise du coronavirus a chamboulé le calendrier des compétitions, notamment celui du Trophée Van Lanschot. Quel est votre message ?

« Nous partons actuellement du principe que les clubs parviendront à organiser les qualifications dames, messieurs et seniors. Dans l’état actuel des choses, notre objectif est toujours de jouer la finale septembre. Le plan B consiste désormais à reporter les demi-finales à fin août et la finale au 20 septembre.”