Comment les banques peuvent-elles se réinventer à l’ère de l’intelligence artificielle ?

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Comment les banques peuvent-elles se réinventer à l’ère de l’intelligence artificielle ?

Le livre 'Digitalis' de Thierry Geerts est imprégné de l’idée que notre société peut être améliorée grâce à la digitalisation et à l’intelligence artificielle. 

Thierry Geerts utilise lui-même volontiers le terme « possibilisme » pour faire référence à ce qui est possible et ce qui peut être amélioré. Il s’oppose ainsi au sentiment qui règne dans les médias et la société : l’idée que c’était mieux avant et que le nouveau monde est rempli de défis et de dangers. Aujourd’hui, nous nous entretenons avec lui sur la digitalisation et l’intelligence artificielle (IA) dans le monde bancaire, encore un secteur qui est menacé et peut être amélioré par l’IA et la digitalisation. Nous pensons en premier lieu à la fintech et à la blockchain. Fintech est le nom collectif de la nouvelle technologie dans les services financiers. Blockchain est un réseau d’ordinateurs qui enregistrent et échangent des informations dans une base de données publique. Le réseau vérifie et confirme l’authenticité des changements et des transactions. Un organisme externe – par exemple une banque, un notaire ou un service public – n’est donc plus nécessaire pour garantir l’authenticité et la fiabilité des transactions. Ou peut-être trouveront-ils un nouveau rôle ?

Les banques doivent actuellement faire face à la concurrence des entreprises fintech et doivent investir dans la digitalisation et les applis pour suivre le mouvement. Quelle est votre vision à ce sujet ?

Thierry Geerts : « Je pense qu’en général, ce n’est pas une attitude saine de considérer le changement comme une menace et de vous demander ensuite ce que vous pouvez faire contre. Je pense que les banques doivent plutôt se demander quelle est la valeur ajoutée qu’elles fournissent à leurs clients et comment elles peuvent l’améliorer par la digitalisation. Pour une banque privée comme Van Lanschot, qui est en pleine transformation digitale, cela signifie concrètement : comment puis-je mieux conseiller mes clients ? L’interaction est beaucoup plus intéressante parce que le client dispose de davantage d’informations et peut être servi de manière encore beaucoup plus personnelle. »

Par voie numérique, nous sommes parfois quotidiennement en contact avec la banque.

« Dans ce domaine, la digitalisation peut effectivement renforcer la relation avec le client. Actuellement, une banque est pour ainsi dire en contact permanent avec son client. L’application et le site Internet offrent maintenant aux banques la possibilité de communiquer non seulement mieux et plus fréquemment, mais également de manière beaucoup plus ciblée avec leurs clients. Une banque collecte de nombreuses informations sur le client – en respectant sa vie privée et la législation sur la protection des données – et le client y trouve son compte. Ainsi, j’ai été contacté récemment parce que les algorithmes de ma banque avaient détecté une transaction suspecte. »

Certains pessimistes prédisent que les banques seront peut-être rendues superflues par la technologie de la blockchain. 

« La blockchain offre de grandes possibilités, et pas seulement dans le monde des banques. La blockchain sera l’une des technologies qui aideront le monde à se débarrasser des fake news. Les deepfakes peuvent actuellement faire croire que quelqu’un a dit ou fait quelque chose alors que ce n’est absolument pas vrai. Grâce à la blockchain, vous saurez que le message ou les images proviennent bel et bien de la personne en question. La blockchain offre également des possibilités pour les monnaies virtuelles. Mais cela signifie-t-il la fin des banques ? J’ai toujours besoin d’un banquier qui m’accompagne avec son expertise. Il faut distinguer les aspects techniques des opérations bancaires de l’aspect conseil. Ce dernier deviendra beaucoup plus important à l’avenir. Bref, les banques ne doivent pas se crisper ni s’effrayer. Elles doivent être conscientes des possibilités de la nouvelle technologie et l’utiliser à leur propre avantage et pour le bénéfice de leurs clients et celui des clients afin d’offrir des services meilleurs et beaucoup plus personnels. La personnalisation, le confort et la rapidité sont les trois lois fondamentales de la digitalisation. »

Durant trois semaines successives, nous proposons un long entretien avec Thierry Geerts. 

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