Le changement de cap des banques centrales pose question

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Le changement de cap des banques centrales pose question

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24 juin 2019
Des cours élevés requièrent davantage qu'une baisse des taux.

Temps de lecture estimé : 3,1 min

En bref :

  • La confiance des investisseurs en Allemagne reste faible
  • Le sentiment des consommateurs européens n'est pas bien prometteur
  • Les investissements des entreprise gagnent en importance pour l'économie américaine


Même si rien de concret n’a encore été ‘délivré’, tant la Banque centrale européenne (BCE) que la Réserve fédérale (Fed) ne font qu’accentuer leur changement de cap. Ils s'écartent ainsi de la normalisation de la politique monétaire pour s’orienter vers un nouvel assouplissement de la politique monétaire. Les investisseurs ont manifesté leur approbation ces derniers jours. Mais à un moment donné, il faudra tout de même que la dynamique de croissance économique monte d’un cran pour maintenir la satisfaction des investisseurs.

Cette croissance, quant à elle, dépend en grande partie des développements politiques. Les tensions entre les États-Unis et la Chine constituent à cet égard l’un des principaux brûlots. Lors du G20 au Japon (28-29 juin), Trump et Xi se rencontreront à ce sujet. Les jours précédents, des délégations des deux pays tiendront déjà des discussions.

Il reste à voir ce qui en sortira. Un déblocage intégral semble peu probable. Les oppositions sont trop grandes. Comme nous l'avons souvent indiqué, il ne s'agit pas seulement de commerce. La montée de la Chine en tant que superpuissance sur le plan technologique et, plus largement, géostratégique, engendrera inévitablement et régulièrement des conflits dans les années à venir.

Dès lors, les investisseurs seront déjà satisfaits si les pourparlers au Japon ne débouchent pas sur une nouvelle fracture. De sorte que l’espoir d’un accord final sur le commerce reste présent dans tous les cas.

L’Europe patauge

Sur le plan purement économique, les regards se tournent aujourd'hui en premier lieu vers l'indicateur IFO allemand. En tant que pays exportateur, l'Allemagne subit aussi les effets du ralentissement de la croissance mondiale. Cela s’est encore confirmé vendredi dernier : le Markit Manufacturing PMI (indice de confiance dans l'industrie), bien que légèrement supérieur aux attentes, reste en zone de contraction avec un indice de 45,4. C’est le cas depuis déjà cinq mois, sans amélioration notable. Nous nous attendons à un tableau similaire avec l'IFO.


Pour l'ESI (Economic Sentiment Indicator), que la Commission européenne publiera jeudi, nos attentes ne sont pas très élevées. Idem pour la première estimation des chiffres de l'inflation en juin (publication vendredi).

Bref, nous n’attendons pas dans l’immédiat, en provenance de la zone euro, de signaux qui pourraient faire changer d'avis la BCE. Les investisseurs sont de plus en plus convaincus qu'il y aura une baisse des taux en septembre. 

Les investissements prendront-ils le relais aux États-Unis ?

Aux États-Unis, nous aurons les chiffres de mai sur les commandes de biens durables ce mercredi. Ce sont surtout les commandes de biens d'équipement qui seront significatives. Elles donnent une idée de la propension à investir des entreprises américaines. À en juger par les chiffres de mars et avril, cette propension était modérée.

Pour garder intact le cycle économique haussier
, les investissements sont cependant cruciaux. Bien qu'ayant une économie relativement fermée, même les États-Unis ne sont pas insensibles au ralentissement mondial.

Car même si l'impact direct des droits d'importation est relativement limité, il accroît fortement l'incertitude. Ce qui influe sur les projets d’investissement qui, vu leur longue durée, ont besoin par définition d’un maximum de transparence et de sécurité (juridique). Par ailleurs, l'utilisation des capacités dans l'industrie américaine s'effrite. Cela réduit aussi, temporairement, la nécessité de nouveaux investissements.

À terme, ces investissements doivent prendre le relais de la consommation pour maintenir le niveau de croissance. En 2018, cette consommation avait été boostée par les réductions d'impôts et par un marché du travail en constante amélioration. Mais ces deux effets s’estompent peu à peu. Les derniers chiffres en ce qui concerne les dépenses privées restent cependant favorables. Fin de cette semaine, les nouvelles données relatives à l’évolution des revenus personnels et des dépenses devraient le confirmer.




Principales publications macro-économiques

Du 24 juin au 28 juin inclus

Jour de publication

Région/pays

Publication de

Période

Consensus

Lundi

Allemagne

Indicateur IFO

   Juin         97,3           
Mardi Etats-Unis Confiance des consommateurs CB    Juin         132,0
Mercredi Etats-Unis Commandes de biens durables     Mai          0%
Jeudi Zone euro  Econmic Sentiment (ESI)    Juin         0,23
Vendredi Zone euro CPI Inflation YoY (flash)    Juin         1,2%
    CPI Inflation de base YoY (flash)    Juin         1,0%
   Etats-Unis Revenu personnel MoM    Mai         0,3%
    Dépenses personnelles MoM    Mai         0,5%