Les résultats trimestriels des entreprises incitent à l’optimisme pour le reste de l'année

Les résultats trimestriels des entreprises incitent à l’optimisme pour le reste de l'année

Blog
11 mai 2021
L'Amérique montre que les chiffres d'affaires et les bénéfices peuvent grimper lorsque la société et l'économie rouvriront.

L'Amérique montre que les chiffres d'affaires et les bénéfices peuvent grimper lorsque la société et l'économie rouvriront.

 

Mais encore :

  • Déclaration marquante de Janet Yellen sur le relèvement des taux américains
  • La croissance de l'emploi aux États-Unis est décevante
  • Les chiffres de l'inflation, des ventes au détail et de la production industrielle sont attendus

Nous attendons encore les derniers wagons du train des résultats, mais l’essentiel du convoi est passé. Avec un tableau inchangé : les bénéfices du premier trimestre continuent de dépasser les attentes. C’est le cas pour 87% des entreprises aux États-Unis, 72% en Europe. Avec, en outre, des pourcentages d'un ordre de grandeur impensable dans la période pré-covid (24% et 18% respectivement). Ce qui montre que les caractéristiques exponentielles ne sont pas l’apanage des courbes du virus. En partant d'un niveau bas, les choses peuvent aller vite dans l'économie aussi.

De surcroît, il n’y a pas que les bénéfices qui dépassent les attentes. Le chiffre d'affaires également. Dans nos contrées européennes (en moyenne 4% de ventes en plus par rapport à l'année précédente), mais surtout aux États-Unis. Dans ce pays, on relève une hausse moyenne de 11% du chiffre d'affaires. Ce qui témoigne sans doute du fait que le contexte macroéconomique est encore différent dans les deux régions.  

Néanmoins, c’est plutôt encourageant pour la zone euro. Cela suggère qu’une réouverture même graduelle et partielle de l'économie exerce un effet de levier sur les résultats des entreprises. L’Europe rattrapant peu à peu son retard sur le monde anglo-saxon avec sa campagne de vaccination, ce sera bénéfique aux performances macroéconomiques et aux résultats des entreprises aux deuxième et troisième trimestres. 

La réaction des investisseurs à ces bonnes perspectives reste souvent modérée, mais l'Europe Stoxx 600 a tout de même terminé la semaine en hausse de 1,7%. Le S&P 500 a gagné 1,2%. 

La bourse technologique Nasdaq (-1,5%) a eu plus de mal. Les déclarations de la ministre des Finances, Janet Yellen, sur l’éventuelle nécessité de relever les taux d'intérêt, n'ont pas vraiment aidé. Les actions de croissance sont traditionnellement sensibles aux fluctuations des taux.

Écart de langage de Yellen ?

Madame Yellen a bien vite nuancé ses propos. Mais ils restent marquants. L'indépendance de la banque centrale impose la prudence aux responsables politiques lorsqu'ils traitent de questions monétaires. Et en particulier lorsque cette responsable politique, assez récemment encore, présidait l’assemblée des décideurs monétaire. Ce qui donne à ses propos une dimension supplémentaire.

Peut-être est-ce « l’économiste » qui s'exprimait, et non la « politicienne ». Cela se pourrait. Auquel cas, on pourrait parler d'un écart de langage. Mais un écart que les opposants aux plans massifs de relance et d'investissement ne seront que trop heureux d'utiliser dans leur combat politique.

En réaction, sans doute, aux déclarations de Yellen, plusieurs banquiers centraux ont répété qu'ils ne voyaient aucune raison de changer leurs plans, à savoir le maintien prolongé d’une politique monétaire très accommodante. Et pas de réduction, pour l’heure, des volumes du programme d'achat ni de relèvement des taux.

 

Un rapport sur le marché du travail faible 

Le rapport décevant sur le marché du travail pour le mois d'avril semble en tout cas justifier les plans budgétaires massifs et la politique monétaire accommodante. Au lieu du million d'emplois supplémentaires attendu, on atteint à peine 266.000. 

Malgré cela, le salaire horaire moyen a augmenté de 0,7% par rapport à mars. Ce qui est surprenant. Les nouveaux emplois étant créés principalement dans la partie inférieure du marché du travail, on pourrait s'attendre à ce que les salaires horaires moyens diminuent. Ce n’est donc pas le cas. 

Cela pourrait signifier que les employeurs devront mettre la main au portefeuille pour attirer des chômeurs qui, pour l'instant, bénéficient encore d’allocations majorées. Des exemples anecdotiques vont en tout cas dans ce sens. C’est ainsi que chez McDonald's, certains établissements paient les candidats rien que pour venir se présenter. La réouverture seulement partielle des écoles et des crèches peut également jouer un rôle. 

Si ces phénomènes sont juste temporaires, il n'y a pas de problème. Mais s’ils persistent à mesure que l'économie continue de se rouvrir, cela peut accentuer la pression à la hausse sur les salaires. Avec des répercussions sur l'inflation. 

 

Vers 4% d'inflation aux États-Unis

À l'agenda macro de cette semaine, on surveillera en particulier l'inflation américaine pour le mois d'avril. Elle pourrait s’orienter vers les 4%. Notamment sous l’effet de la hausse des prix des matières premières. L'inflation de base sous-jacente, qui ne tient pas compte des prix de l'énergie et des denrées alimentaires et donne une image plus nuancée de la pression inflationniste, restera plus modérée. 

Nous allons aussi recevoir le chiffre des ventes de détail pour ce même mois d'avril. Si l'économie américaine devait « surchauffer » dans les mois à venir, ce serait sans doute en grande partie la « faute » des consommateurs. En raison des mesures restrictives et des aides budgétaires largement distribuées, l’épargne supplémentaire a atteint environ 10% du produit intérieur brut (PIB). La mesure et la rapidité avec lesquelles cette épargne sera dépensée constitueront un facteur important pour l’évolution prochaine de l’inflation.

 

Problèmes d'approvisionnement

En Allemagne, l'évolution des chiffres industriels a confirmé les perturbations amplement commentées dans les chaînes d'approvisionnement. Par rapport à février 2020, juste avant l'apparition du coronavirus, le volume industriel affiche toujours un recul de 4,3%. Dans le secteur automobile, il est même de 21%. Ceci malgré une demande en forte hausse persistante. Les perturbations ne se limitent pas aux microprocesseurs. Près de la moitié des entreprises allemandes font état de problèmes dans l’approvisionnement en composants.

La situation est similaire dans des pays comme la France ou l'Espagne. Tout comme aux États-Unis. Cette semaine, de nouveaux chiffres sur la production industrielle aux États-Unis et dans la zone euro sont attendus.

Il est difficile d'estimer quand ces perturbations prendront fin. Pour les microprocesseurs, certainement pas à court terme. Sans doute vers la fin de l'année au plus tôt. Ce n'est pas seulement un problème de capacité de production. La propension au stockage, notamment en Chine, joue également un rôle.

Cela pourrait ralentir quelque peu la reprise économique. À surveiller, donc. Car des difficultés au niveau d'un maillon de la chaîne d'approvisionnement peuvent rapidement se répercuter dans d'autres secteurs. En outre, la rareté entraîne des hausses de prix et donc une pression inflationniste. 

En même temps, un certain encadrement s’impose. Ainsi, au fil de la réouverture de la société, nous comptons surtout sur les secteurs de services pour stimuler la croissance. Et ceux-ci représentent plus des trois quarts du volume dans les économies développées. 

 

Publications macroéconomiques importantes 

Du 10 mai
au 14 mai

Jour de publication

Regio

Publication de

Période

Consensus

Mardi

Chine

Emprunts nets YoY

Avr

12,5%

 

 

Total Social Financing YoY

Avr

 

 

Allemagne 

Indice ZEW

Mai

71,0

Mercredi

Zone euro

Production industrielle MoM

Mar

0,6%

 

États-Unis

Inflation CPI YoY

Avr

3,6%

 

 

Inflation de base CPI MoM

Avr

2,3%

Vendredi

États-Unis

Ventes de détail MoM

Avr

0,2%

 

Production industrielle MoM

Avr

1,1%

 

 

Confiance des consommateurs (U. Mich.)

Avr

90,3

 

Luc Aben - Économiste en chef Van Lanschot