L'économie mondiale reste otage du coronavirus

Jack Horvest
Senior specialist investment

L'économie mondiale reste otage du coronavirus

04 août 2020
Les consommateurs réagissent nerveusement aux nouvelles. Jack Horvest craint une atténuation de la reprise de la croissance économique.

Les consommateurs réagissent nerveusement aux nouvelles. Jack Horvest craint une atténuation de la reprise de la croissance économique.

 

Mais encore :

  • L’administration américaine doit annoncer (et annoncera) rapidement de nouvelles mesures incitatives pour les citoyens 
  • Les indices des directeurs d'achat américains, chinois et européens sont un « test de confiance 
  • Les chiffres du marché de l’emploi aux États-Unis sont le moment fort de la semaine macroéconomique

L'économie de la zone euro s’est contractée de 12,1% au deuxième trimestre par rapport au premier trimestre 2020. Un chiffre conforme à nos craintes antérieures, et donc aux attentes. L’Espagne est la plus durement touchée avec -18,5%, tandis que l'Allemagne s’en tire avec une baisse de 10,1%. Quel est à présent le rythme de l'activité économique ? Les estimations varient fortement entre 5% et 10% de baisse par rapport à la période « pré-corona ». Nous nous intéressons plutôt à la progression et à la force de la reprise qui s’est amorcée.

 

Encore des questions sur la force de la reprise économique

Comme on s'y attendait, l'indicateur du sentiment économique pour l’UE, l'indice ESI, a bondi légèrement à 82,3 points en juillet. Les entreprises – et singulièrement les prestataires de services européens – qui sortaient tout juste d’un confinement, se montraient plus positives. La confiance des consommateurs était faible et plus aucune amélioration n’était perceptible en juillet. Les préoccupations concernant l'emploi et le coronavirus continuent de peser. Le taux de chômage en zone euro a grimpé un peu plus fortement en juin (7,8%, contre une attente de 7,7%) et devrait continuer d'augmenter. La masse de données qui nous parvient à haute fréquence sur les mouvements et les dépenses des consommateurs montre une chose, à savoir que les citoyens réagissent avec nervosité aux nouvelles concernant le coronavirus. Le virus qui ne cesse de proliférer compromet de plus en plus une reprise en V, ce que les marchés financiers supporteront plus difficilement.

 

Powell pessimiste

Jerome Powell, le patron de la Fed, a dressé la semaine dernière, comme on s’y attendait, un tableau morose de la situation économique. La pandémie de Covid-19 a même été qualifiée de « meneur de jeu » sur le plan économique. La Fed a une nouvelle fois confirmé le rachat continu d’obligations (avec même une accélération possible dans le futur) afin de maintenir les taux bas et de favoriser l’octroi de crédits. La déflation, et non l’inflation, est le problème pour les années à venir, a dit Powell. Les marchés financiers anticipent même deux abaissements de taux jusqu'au début de 2022. Ce qui voudrait dire que les États-Unis se préparent à une période de taux directeurs négatifs. Le taux à cinq ans sur les obligations d’État américaines a plongé bien en dessous de 0,25%, tandis que l'inflation annuelle anticipée par les investisseurs pour les États-Unis se situe à 1,4%. La conséquence est un taux d’intérêt réel plus nettement négatif. 

Les consommateurs américains s’inquiètent du fait que l’aide publique au chômage de 600 $ par semaine arrive à expiration pour environ 30 millions de personnes. Son remplacement fait l’objet de querelles politiques. Il y aura bien quelque chose, mais quant à savoir sous quelle forme et de quelle ampleur, la question fait débat entre Démocrates et Républicains. Une fumée blanche dans ce dossier pourrait redonner un coup de pouce bien nécessaire aux marchés financiers, cette semaine déjà si tout va bien.   

 

Agenda macroéconomique

Cette semaine, les incontournables indicateurs du sentiment sont au programme, à savoir les indices des directeurs d’achat pour les États-Unis, l’Europe et la Chine. Nous pensons que l'économie chinoise est montée en puissance en juillet, avec une demande d’exportation en hausse et des dépenses intérieures qui s’accélèrent. En Europe et aux Etats-Unis, où le coronavirus flambe à nouveau, les indicateurs du sentiment restent entourés d'incertitudes. Ce sont surtout les nouvelles commandes et les composantes de l'emploi dans les chiffres qui attirent notre attention.

Les chiffres de la balance commerciale des pays d'exportation que sont la Chine et l'Allemagne vont arriver. Une reprise des exportations confirmerait un redressement plus large de la croissance mondiale. Jusqu’ici, les exportations sont restées à la traîne en raison des confinements (partiels) dans divers pays. Un nouvel obstacle pour l’Europe est la baisse rapide du dollar qui, en juillet, est devenu 5% moins cher par rapport à l’euro. Une remontée de l’euro au-dessus de 1,20 $ serait douloureuse et indésirable.   

Point d’orgue de la semaine : l’ampleur de la création d'emplois aux États-Unis

La question est de savoir dans quelle mesure l’emploi s’est rétabli en juillet. On table sur la création d’environ 1,5 million d’emplois. Avec les contaminations qui repartent à la hausse aux États-Unis, les employeurs se montrent plus prudents. En outre, le nombre de demandes initiales d'allocations de chômage reste obstinément élevé aux États-Unis, signe d'une reprise lente du marché du travail. Dans le climat actuel sur le marché des actions, une bonne ou une mauvaise surprise en termes d’emplois peut faire bouger les choses.   

 

 

Publications macroéconomiques importantes

Du 3 août
au 7 août

Jour de publication

Région/pays

Publication de

Période

Consensus

Lundi

Zone euro

Markit Manufacturing

Jul

51,1

 

Chine

Caixin Manufacturing / Non – Man.

Jul

51,2 / 57,9

 

États-Unis

ISM Manufacturing

Jul

53,6

Mardi

États-Unis

Commandes de biens durables MoM

Jun

5,0%

Mercredi

États-Unis

ISM Non – Manufacturing

Jul

55,0

 

Zone euro

Markit Non-Manufacturing

Jul

 55,1

 

 

Ventes de détail MoM

Jun

5,5%

Jeudi

États-Unis

Demandes de chômage hebdomadaires

 

 

 

Allemagne

Commandes d’usine MoM  

Jun

12%

Vendredi

Chine

Exportations - importations YoY

Jul

-1,2%/1,0%

 

Allemagne

Balance commerciale (excédent)

Jun

10,8 milliards

 

États-Unis

Création d'emplois (non agricoles)

Jul

1,51 milion

 


Jack Horvest est spécialiste en investissement.

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