À quoi aboutiront les négociations européennes?

Jack Horvest
Senior specialist investment

À quoi aboutiront les négociations européennes?

Blog
14 juillet 2020
Les négociations relatives au budget de l’UE et au fonds de relance constitueront un test décisif pour la collaboration européenne.

En outre :

  • La période est loin d’être creuse pour les investisseurs.
  • La reprise de l’économie chinoise s’accélère.
  • Les consommateurs américains garderont-ils confiance en l’économie ?

Cette semaine, les informations économiques et liées au coronavirus s’accompagnent des chiffres pressants des entreprises. Les actualités de trading de grandes banques américaines telles que JP Morgan, Citigroup et Wells Fargo refléteront la santé financière des citoyens et entreprises américaines. Le fait que la Fed permette à la plupart des banques américaines de continuer à octroyer des dividendes est déjà de bon augure. Aux Pays-Bas, les chiffres du géant de la Bourse ASML s’annoncent bien avec un cours qui a presque doublé depuis la mi-mars. Nous remarquons que les attentes ont fortement augmenté, mais cela vaut pour de nombreuses actions technologiques.

Pour le deuxième trimestre, les analystes avancent des prévisions « dramatiques » quant aux bénéfices. Les bénéfices des actions européennes Stoxx600 dégringolent même de plus de 50 % par rapport au deuxième trimestre 2019. Les prévisions pour le troisième trimestre sont tout aussi modérées ; en moyenne, les bénéfices sont inférieurs de 38 % à la même période en 2019. Globalement, les attentes ne sont pas très élevées, ni en Europe ni aux États-Unis. Les marchés pourraient donc surprendre positivement, ce qui est susceptible de donner temporairement une nouvelle impulsion au cours.

 

Test décisif pour le projet européen

La semaine prochaine, tous les yeux seront braqués sur l’Europe. Le Conseil de l’Europe (chefs d’État et des gouvernements) se réunira les 17 et 18 juillet pour débattre du fonds de relance européen. De délicates négociations seront menées cette semaine pour parvenir à un compromis. Le sujet est néanmoins particulièrement complexe, d’autant plus que des éléments des futurs budgets européens y sont liés. Bref, il est possible que le contrôle sur les finances publiques nationales subisse d’importants changements (et soit confié à Bruxelles). Il s’agit d’une étape cruciale, nécessitant l’approbation de tous les pays à l’unanimité. Il est probable que ceux-ci n’atteignent pas d’accord dans l’immédiat.

Jeudi, la BCE se réunira en comité restreint au sujet de la politique monétaire. Aucune décision notable n’est attendue. Le programme d’achats d’obligations PEPP a été augmenté en juin. Il faut désormais attendre pour en connaître les résultats. Par ailleurs, l’économie européenne semble progressivement se réveiller après la période de confinement. Le patient n’a donc provisoirement pas besoin de perfusion financière supplémentaire. La politique reprend les rênes.

 

La reprise de l’économie chinoise s’accélère

Nous nous attendons à en avoir la confirmation mardi et jeudi. L’industrie de l’exportation reprendra maintenant que les acheteurs occidentaux se déconfinent. L’industrie chinoise a pu augmenter la production, notamment grâce à une augmentation de la demande. Reste à savoir ce que fait le consommateur... Jusqu’à présent, les citoyens se sont montrés hésitants à sortir leurs cartes de banque et sont restés prudents en raison des faibles perspectives sur le marché de l’emploi. Nous pensons toutefois que cette méfiance citoyenne s’est estompée et que les incitants fiscaux feront augmenter les dépenses.

 

Le citoyen américain annonce la couleur

L’Américain moyen garde-t-il confiance en l’économie ? Et dépensera-t-il son argent alors que de nouvelles poches de coronavirus font leur apparition ? Jeudi, les ventes des commerces de détail de juin seront communiquées et une croissance de 5 % par mois est prévue. C’est surtout la seconde moitié de juin qui pose question, lorsque le virus s’est manifesté plus clairement aux États-Unis. Vendredi, nous connaîtrons l’indice de confiance des consommateurs, calculé par la University of Michigan. Une très légère augmentation à 79 points est attendue. À titre de comparaison, en février, ce baromètre affichait encore 101 points.

Nous comptons sur le dynamisme des consommateurs, notamment grâce aux aides publiques. Nous nourrissons davantage d’incertitudes pour la suite. L’aide de 600 dollars par semaine octroyée aux Américains sans emploi qui arrive à échéance fin juillet sera-t-elle prolongée ou remplacée ? Et le marché de l’emploi se redressera-t-il ou les licenciements augmenteront-ils ?

Nous comptons sur une amélioration progressive de l’économie américaine, mais les gains faciles semblent avoir été réalisés. Il serait souhaitable que les « vagues de coronavirus » n’entraînent pas le reconfinement de grandes zones. La peur de la pandémie règne. À New York, relativement épargnée par le coronavirus, les réservations dans les restaurants restent 95 % inférieures à l’an dernier.

 

 Publications macroéconomiques importantes  Du 13 juillet au 17 juillet inclus
 Jour de publication  Région/pays  Sujet de la publication  Période  Consensus
 Mardi  Allemagne  Indice ZEW  Juillet  67
   Chine  Export/Import (YoY)  Juin  -2% / -9%
   États-Unis  Confiance des investisseurs MKB (NFIB)  Juin  90,0
 Mercredi  Japon  Réunion BOJ    
   États-Unis  Empire Manufacturing Index (NY)  Juillet  5,5
     Production industrielle (MoM)  Juin  4,6%
 Jeudi  Zone euro  Réunion BCE (décision sur les taux)    Inch.
   États-Unis  Ventes des commerces de détail  Juin  +5,0%
     Demandes de chômage hebdomadaires initiales    1,250 million
   Chine  Production industrielle (YoY)  Juin  -1,5%
     Ventes des commerces de détail (YoY)  Juin  -11%
     Croissance PNB (QoQ)  Q2  +9,6%
 Vendredi  États-Unis  Confiance des consommateurs UvM  Juillet  80

 

Jack Horvest
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