Redressement économique très progressif en vue

Redressement économique très progressif en vue

Blog
30 juin 2020
L'économie est orientée à la hausse, mais le niveau absolu est encore loin de la normale.

Mais encore :

  • Aux États-Unis, le nombre de nouvelles contaminations au coronavirus inquiète.
  • Le FMI s’attend désormais à un recul économique de près de 5 % cette année.
  • Nous prévoyons une prolongation des mesures économiques de soutien, mais d'une ampleur plus limitée.
     

 

L'activité économique poursuit sa remontée. Dans la zone euro, les Markit PMI (indices des directeurs d'achat) provisoires ont ainsi dépassé les attentes. Cette semaine, nous allons recevoir les chiffres définitifs. L'indice allemand IFO et les commandes de biens durables aux États-Unis ont affiché un schéma similaire. Les données anecdotiques relatives à la circulation automobile ou à l’utilisation des transports publics confirment l’évolution haussière. Partout dans le monde.

D'un autre côté, tous ces chiffres confirment aussi la progressivité de la reprise. Les indices des directeurs d'achat reprennent effectivement, mais restent en dessous du seuil critique de 50. Ce chiffre marque la limite entre la zone de croissance et la zone de contraction. Et le score IFO en progrès était notamment attribuable à une estimation plus optimiste pour l’avenir. Et donc, pour partie, à un « espoir d'amélioration ». En ce qui concerne la situation actuelle, le score reste modéré. Du reste, ces paramètres sont plus difficiles à interpréter dans les circonstances actuelles. Bref, si l'économie est bien orientée à la hausse, le niveau absolu est encore loin de la normale.

La propagation future du virus reste, évidemment, la grande question. En Europe, les résurgences du virus semblent rester plus ou moins limitées à des foyers spécifiques. En général, les décideurs interviennent rapidement et de manière ciblée.

Mais dans le sud et l'ouest des États-Unis, les choses évoluent dans le mauvais sens. Le nombre de nouveaux cas par jour a ainsi doublé au niveau national au cours des deux dernières semaines. Des États comme le Texas et la Floride réintroduisent des mesures de restriction ou reportent des assouplissements annoncés.

Il y a cependant peu de volonté politique pour recourir à nouveau à l’arme du lock-down généralisé. Il reste à voir si ce souhait ne sera pas, à un moment donné, mis à mal par la réalité médicale.

En attendant, le FMI a encore revu à la baisse ses prévisions de croissance. Au lieu d'une contraction de l'économie mondiale de 3 %, l'institution table à présent sur un recul de près de 5 % cette année. Elle se montre aussi un peu plus prudente quant à la reprise l’an prochain : +5,4 % contre +5,8 % précédemment.

Le FMI est particulièrement inquiet au sujet des marchés émergents et des États-Unis. Pour la zone euro, par contre, il a revu ses perspectives pour 2021 à la hausse. Sans doute parce que nos pays maîtrisent mieux le virus. En précisant, cela va de soi, que toutes ces prévisions ajustées restent entourées d'une grande incertitude.

 

Rapport américain sur l’emploi

Dans ce contexte, nous attendons cette semaine une série de chiffres économiques intéressants. Notamment en provenance des États-Unis et de la Chine.

Le rapport sur le marché américain du travail pour le mois de juin (publication jeudi prochain) sera le chiffre clé. La dernière fois, il avait dégagé une image étonnamment positive (même si, apparemment, tout n’avait pas été pour le mieux avec la collecte des données). La réouverture, ces dernières semaines, d'un nombre croissant de secteurs, devrait à nouveau se refléter dans la croissance de l’emploi. Ce qui pourrait contrebalancer, sur les marchés financiers, les préoccupations au sujet du virus.

Toujours aux États-Unis, l’ISM Manufacturing (mercredi) devrait flirter avec le niveau neutre de 50. Soutenu entre autres par le secteur automobile. Les ventes de voitures remontent fortement. Cela alors que les stocks baissaient suite aux semaines d'arrêt de la production. Un mouvement de rattrapage s’amorce à présent.

Quant aux indices des directeurs d'achat chinois dans l’industrie (mardi pour le chiffre NBS officiel, mercredi pour Caixin), outre qu’ils sont pertinents pour la Chine, ils sont aussi plus indicatifs de la température économique mondiale.

 

Aide prolongée

Notons encore les chiffres européens du chômage pour le mois de mai. Ceux-ci seront en hausse, mais compte tenu des circonstances, de façon limitée.

Les politiques gouvernementales y sont évidemment pour beaucoup. De nombreux pays européens ont élargi les possibilités de réduction du temps de travail et/ou encouragé financièrement les entreprises à maintenir leurs collaborateurs au travail. Ce qui n'est pas le cas aux États-Unis, où ce sont plutôt les travailleurs licenciés qui reçoivent une aide financière. Mais dans les deux régions, le but est le même : limiter autant que possible les dommages causés au marché de l’emploi.

La question qui se pose, toutefois, est de savoir ce qui se passera si toutes ces mesures d'aide prennent fin. Une prolongation est quasiment inévitable. Aux États-Unis, les prochaines élections faciliteront peut-être la décision à cet égard. Aucun des deux partis ne veut se voir reprocher d'avoir laissé tomber les travailleurs. En Europe, la France et l'Espagne ont déjà décidé d'une prolongation des mesures de soutien. Avec, il est vrai, un programme moins large qu’aujourd'hui et plus ciblé sur les secteurs les plus durement touchés. Ceci pour des raisons budgétaires.

Cette restriction budgétaire se manifestera aussi dans les autres pays. Ce qui souligne une fois encore l’importance d'une initiative comme le Fonds européen de relance, en particulier pour les pays les plus faibles financièrement. Car les dégâts sont trop importants pour assurer par ses propres moyens la survie du tissu économique.

Alors que l’Allemagne endosse cette semaine la présidence de l'UE pour six mois, on peut s’attendre à une avancée dans ce dossier crucial. Les investisseurs devraient en tout cas accueillir à bras ouverts un Fonds de relance étendu. Si tout va bien, au cours de ce mois de juillet.

 

 Publications macroéconomiques importantes  Du 29 juin au 3 juillet
 Jour de publication  Région/pays  Publication de  Période  Consensus
 Lundi  Zone euro  Sentiment économique EC  Jun  80,0
 Mardi  Zone euro  CPI inflation YoY (flash)  Jun  0,1%
     Inflation de base CPI (flash)  Jun  0,8%
   Chine  NBS Manufacturing PMI  Jun  50,4
     NBS Non-Manufacturing PMI  Jun  
   États-Unis  Confiance des consommateurs CB  Jun  90,0
 Mercredi  Chine  Caixin Manufacturing PMI  Jun  50,5
     ISM Manufacturing  Jun  49,0
Jeudi   Zone euro  Chômage  Mai  7,7%
   États-Unis  Nouveaux emplois  Jun  3mio
     Chômage  Jun  12,3%
     Salaires horaires YoY  Jun  5,3%
 Vendredi  Chine  Caixin Services PMI  Jun