Luc Aben s’inquiète des nouveaux foyers de coronavirus aux États-Unis

Luc Aben s’inquiète des nouveaux foyers de coronavirus aux États-Unis

Blog
23 juin 2020
Les résurgences du virus pèsent sur le sentiment des consommateurs et entravent une reprise rapide de l'économie.

Mais encore :

  • Inquiétudes au sujet de nouveaux foyers de coronavirus aux États-Unis, en Chine et en Allemagne.
  • On attend un redressement persistant de la confiance des entrepreneurs.
  • Les investisseurs attendent un déclencheur pour maintenir les niveaux boursiers actuels.
     

 

La semaine dernière, les marchés financiers ont retrouvé un peu de calme, après l'inquiétude suscitée par les considérations économiques prudentes de Jerome Powell et les nouveaux foyers d'infection dans certains États américains. Les indices d'actions sont à nouveau proches du récent sommet de début juin.

Pour le court terme, la question essentielle est de savoir si le Texas, la Floride, la Californie et l'Arizona parviendront à maîtriser la résurgence du virus. Le nombre croissant de nouvelles contaminations dans ces États commence aussi à influencer le chiffre global des États-Unis. Et les États concernés représentent tout de même, ensemble, environ 30% de l'économie américaine.

Cette situation menace par ailleurs de peser sur le sentiment des consommateurs et d’entraver une reprise rapide de l’économie. L’État de New York songe par exemple à mettre en quarantaine les voyageurs en provenance de Floride.

Des foyers viraux réapparaissent aussi ailleurs dans le monde (Chine, Allemagne, Australie...). Une action rapide et ciblée devrait permettre d’en limiter l'impact.

Regain de confiance

Ces préoccupations quant au virus sont contrebalancées par des données économiques encourageantes. La semaine dernière, le sentiment parmi les entreprises de construction américaines est apparu supérieur aux attentes. Un secteur non sans importance. Il en va de même pour une série d'indicateurs régionaux de la confiance des entrepreneurs. Les consommateurs américains, pour leur part, ont dépensé beaucoup plus en mai que le mois précédent. Fin de cette semaine, les nouveaux chiffres sur les dépenses personnelles pourraient confirmer cette évolution.

Mais avant cela, nous recevrons demain les premières estimations pour les Markit PMI (indices des directeurs d'achat). Pour les États-Unis, mais aussi pour la zone euro. La confiance des entrepreneurs va peut-être continuer à se redresser. Aussi bien dans l'industrie que dans le secteur des services, durement touché. Mercredi, l'indicateur IFO allemand devrait présenter un profil similaire. Celui d'une reprise graduelle de l'économie.

Les consommateurs jouent aussi, bien entendu, un rôle crucial dans cette relance. Nous pensons que l’aplatissement des courbes d'infection et le retour prudent au travail ont un effet positif sur leur état d’esprit. Si bien que la confiance des consommateurs dans la zone euro pourrait encore monter d'un cran cet après-midi. Sans pour autant se rapprocher déjà des ‘anciens’ niveaux. Mais pour les marchés financiers, il est important que les paramètres tels que ceux-ci restent orientés dans le bon sens.

 

Transmission monétaire

Comme on le sait, les gouvernements et les banques centrales ont adopté ces derniers mois des mesures de soutien massives. Notamment dans la zone euro. Ce faisant, la Banque centrale européenne (BCE) a explicitement pour objectif de soutenir l’octroi de crédits aux ménages et aux entreprises. Ce qui est une condition sine qua non pour, d'une part, maintenir à flot l’économie pendant la période de perte de revenus et, d'autre part, apporter du carburant à la reprise qui s’ensuit.

Quant à savoir si cette ‘transmission monétaire’ s’opère correctement, nous pourrons le déduire des chiffres sur l’octroi de crédits en mai, qui arriveront vendredi. Les garanties de crédit apportées par les gouvernements ont en tout cas un effet positif. Par ailleurs, les banques se délectent abondamment des liquidités fournies à moindres frais par la BCE. Ceci pour 1 300 milliards d’euros la semaine dernière.

 

Mauvais sondages pour Trump

Il reste à voir si ces données économiques seront suffisantes pour stimuler les marchés financiers. Après la vive remontée des actions depuis fin mars, les investisseurs attendent un élément déclencheur pour maintenir les niveaux boursiers actuels ou les pousser encore vers le haut. Des nouvelles positives ou rassurantes sur le front du virus pourraient évidemment constituer un tel déclencheur. Notamment en provenance des États-Unis ou des grands marchés émergents comme l'Inde ou le Brésil.

Mais la politique pourrait aussi offrir un point d'appui. Les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine semblent ainsi battre leur plein en coulisses. Ce qui donne à penser que les deux pays veulent éviter une escalade des tensions.

Pour le Président Trump, en tout cas, une bonne nouvelle serait la bienvenue. Son approche de la crise du coronavirus et des tensions sociales l’a fait chuter dans les sondages.

Dans les enquêtes nationales, il accuse aujourd'hui un retard de huit à douze points de pourcentage par rapport à Joe Biden. Ce qui, dans le même temps, nous rappelle d’emblée la leçon d’il y a quatre ans : le seul sondage pertinent n’interviendra que début novembre...

 

 Publications macroéconomiques importantes  Du 22 juin au 26 juin
 Jour de publication  Région/pays  Publication de  Période  Consensus
 Lundi  Zone euro  Confiance de consommateurs  Jun  -15,0
 Mardi  Zone euro  Markit Services PMI (flash)  Jun  40,5
     Markit Manufacturing PMI (flash)  Jun  43,8
   États-Unis  Markit Services PMI (flash)  Jun  43,7
     Markit Manufacturing PMI (flash)  Jun  44,0
 Mercredi  Allemagne  Indice IFO  Jun  85,0
 Jeudi  États-Unis  Commandes de biens durables MoM  Mai  10,3%
 Vendredi  Zone euro  Crédits aux entreprises YoY  Mai  
     Crédits aux ménages YoY  Mai  3,2%
   États-Unis  Revenu personnel MoM  Mai  -6,0%
     Dépenses personnelles MoM  Mai  +9,0%