Progression de l’économie chinoise après la levée des mesures restrictives

Progression de l’économie chinoise après la levée des mesures restrictives

Blog
12 mai 2020
Les chiffres qui nous arrivent de Chine appellent une analyse nuancée.

En bref :

  • Il est fort probable que plusieurs gouvernements européens devront revoir leur aide budgétaire à la hausse.
  • Le consommateur américain partage-t-il l’optimisme de l’investisseur? 
  • Aux Etats-Unis, la confiance des PME forme un excellent indicateur de l’économie nationale.

 

La Chine est très présente dans l’agenda macro de cette semaine. Avec notamment la production industrielle, les ventes de détail, la croissance du crédit et la croissance monétaire pour le mois d'avril. Ces chiffres pourront nous donner une idée de la progression de l’économie chinoise après la levée des mesures restrictives. Les données chinoises récentes avaient plutôt semé la confusion. On relevait ainsi une baisse de 14,2% des importations le mois dernier par rapport à l’année précédente. Pas vraiment un signal de remise en marche de l'économie ...

Toutefois, cela doit être nuancé. Les chiffres du commerce sont publiés en dollar. Ce qui signifie qu’ils reflètent immédiatement les fluctuations du prix du pétrole. En l’occurrence à la baisse. En termes de volumes, le tableau est différent. Les volumes de matières premières importées ont augmenté. Ce qui témoigne du fait que les décideurs chinois tentent de stimuler l'activité par la méthode classique des investissements dans les infrastructures et la construction.

Outre les chiffres des importations, l’augmentation de 3,4% des exportations a aussi créé la surprise. À première vue, en effet, cela donne à penser que l'économie mondiale n'est tout de même pas si mal en point. Mais ici aussi, il convient de nuancer. Dans bien des cas, il s’agit encore de la livraison de commandes du mois de janvier. Sur la base de l'évolution des commandes à l'exportation des mois suivants, la véritable chute des exportations est encore à venir en Chine.

 

Pas encore ‘business as usual’

Le nombre journalier de nouveaux cas de contamination en Chine est aujourd’hui tombé à environ 20. Mais cela ne veut pas dire que tout est redevenu normal. À titre d’illustration, les bouchons sont certes de retour comme avant, mais les transports en commun dans les grandes villes n’affichent encore que 60% du taux d’occupation normal. 
Les centrales au charbon, par contre, tournent à nouveau à plein régime. Ce qui démontre une fois de plus que l’économie du « mètre cinquante » est moins préjudiciable pour l’industrie que pour les secteurs de services. 

 

De nouvelles aides budgétaires en vue ?

Pour la zone euro, nous attendons la deuxième estimation de la croissance (ou plutôt de la contraction) au cours du premier trimestre. Ainsi que des précisions sur l’évolution de l'économie allemande dans cette période. Peut-être l’Allemagne ne s’en est-elle pas trop mal tirée. Du moins par comparaison avec des pays comme l'Italie, l'Espagne ou la France.

Cela dit, il est peu probable que ces chiffres financiers perturbent encore les marchés financiers. C’est surtout l'avenir qui compte. Notamment la question de savoir si nous pouvons sortir du lock-down avec une certaine sécurité et si les différents programmes d'aide financière s’avéreront suffisants.

Le programme budgétaire allemand est en tout cas substantiel. Avec une impulsion fiscale directe de près de 7% du PIB. Si l’on y inclut des mesures telles que les garanties, le soutien potentiel total se monte à près de 40% de l'économie allemande.

Le reste de la zone euro suit avec un certain retard. En particulier en ce qui concerne les « injections de liquidités » directes d’origine budgétaire. La probabilité est grande que d'autres pays doivent mettre plus de moyens en œuvre, dès lors que l’espoir initial d’une reprise rapide (ou d'une disparition du virus) selon un scénario en V semble improbable.

La règle veut que l’incitant budgétaire soit tout de même plus ou moins équivalent à la croissance manquée à cause du Covid-19. On atteint alors bien vite 5% à 10% du PIB. 
Ce qui n’est clairement pas évident, en particulier pour les pays qui affichent déjà une importante dette publique (comme l’Italie ou la Belgique). Ce qui souligne d'autant l'importance d'une initiative au niveau européen. Dans les semaines à venir, nous attendons des nouvelles plus concrètes sur le Fonds européen de relance. Même si cela alimentera davantage encore la discussion sur la question de savoir dans quelle mesure le financement doit être commun. Et va-t-on soutenir les pays avec des dons ou des prêts ?

 

Qu'en est-il du consommateur américain ?

La semaine boursière écoulée s’est achevée selon un schéma qui a tendance à se répéter : des chiffres dramatiques sur le marché américain du travail (chômage qui grimpe à 14,7% en avril, ce qui est encore une sous-estimation de la situation réelle du marché du travail), mais néanmoins une hausse du cours des actions. Les perspectives escomptées sur la base d’un redémarrage de l’économie restent prépondérantes.

À la fin de cette semaine, nous attendons les chiffres des ventes de détail aux États-Unis pour avril. Mais aussi et surtout la confiance des consommateurs selon l'indice de l'Université du Michigan. Ces consommateurs partagent-ils l’optimisme des investisseurs en actions par rapport à l’avenir ? À un certain moment, il le faudra bien. Ils représentent en effet près de 70% de l’économie globale. Wall Street et Main Street ne peuvent pas continuer à suivre des chemins séparés.

 

 

Publications macroéconomiques importantes

Du 30 mars au 3 avril

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Période

Consensus

Mardi États-Unis Inflation CPI MoM  Avr  0,4%

  Inflation de base CPI  Avr  1,7%
Mercredi Zone euro Production industrielle YoY  Mar  -12,0%
Jeudi Chine Crédits en cours YoY  Avr  12,9%
Vendredi Chine Production industrielle YoY  Avr  1,5%
    Ventes de détail YoY  Avr  -7,5%
  Zone euro PIB YoY (2e estimation)  1Q20  -3,8%
  États-Unis Ventes de détail MoM  Avr  -12,0%
    Production industrielle MoM  Avr  -11,0%
    Confiance des consommateurs (Mich.)  Mai  68