Luc Aben balance entre espoir et inquiétude

Luc Aben balance entre espoir et inquiétude

Blog
19 avril 2020
Les cours des actions ont rebondi et l’évolution de la pandémie s’améliore lentement, mais qu’en est-il des résultats des entreprises ?

Les cours des actions ont rebondi et l’évolution de la pandémie s’améliore lentement, mais qu’en est-il des résultats des entreprises ?

 

En bref :

  • Même avec la réduction de 10% de la production de pétrole, le prix du pétrole reste fragile
  • Assouplissement des mesures de confinement seulement en mai
  • L’économie chinoise pourrait reculer de 6% au premier trimestre

Ce week-end, les pays producteurs de pétrole se sont mis d'accord pour réduire la production journalière de près de 10 millions de barils. Ce qui représente environ 10% de l'offre. Et au besoin, ils réduiront davantage cette offre dans les deux prochaines années. Tout cela pour enrayer la chute libre de l'or noir depuis début mars.

Dans une première réaction à l'accord, le prix du pétrole a bondi de 8%. Mais l’enthousiasme est bien vite retombé quand on a compris que la limitation de l’offre n'était qu’un aspect du problème. L’autre étant la baisse de 20% de la demande provoquée par la crise du coronavirus. Tant que cette demande ne redémarre pas, une hausse du prix du pétrole restera fragile. Sur les marchés de l’énergie, comme dans le reste de l'économie et sur les marchés financiers, tous les regards sont tournés vers l’évolution de la pandémie.

Des mesures à partir de mai

Sur le continent européen, le tableau global s’améliore en ce qui concerne le virus. L’Espagne assouplit les mesures à partir de cette semaine. Mais c’est très progressif. Il semble qu’en beaucoup d'endroits, ce n’est qu’à partir de début mai que les mesures de restrictions pourront être très prudemment levées. En France, Macron a avancé la date du 11 mai. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, ce sera sans doute deux ou trois semaines plus tard. 

Il va sans dire qu'il est très difficile, dans ces circonstances, de faire une projection quant à la perte économique finale. Quoi qu’il en soit, le FMI présente aujourd'hui ses nouvelles attentes pour toute l’année 2020. Mais cette annonce sera assortie, elle aussi, des réserves qui s’imposent.

Cette semaine, nous entamons aussi la saison des résultats pour le premier trimestre. Cela peut donner une première indication de l'impact sur les entreprises. Mais rien de plus. Peu d'entreprises, sans doute, se risqueront à formuler des attentes pour l’avenir. Elles aussi sont, pour la plupart, dans le brouillard.

Espoir et inquiétude

Depuis le plus bas de mars, les marchés d'actions ont joliment bondi. La chute des cours depuis le début de cette année a ainsi été « ramenée » à 15%-20%. Les investisseurs ont pris appui sur les différentes mesures de soutien, tant monétaires que budgétaires.

Pour que cet état d’esprit demeure, il faut que la lumière au bout du « tunnel de la propagation » reste visible. Ne fût-ce que pour pouvoir digérer, dans l'intervalle, les fortes révisions à la baisse des attentes bénéficiaires pour le reste de l'année. 

Tant qu’une reprise économique en U ou en V est une attente réaliste, les actions offrent un potentiel sur un horizon de 12 à 18 mois. Mais le chemin pour y parvenir peut être cahoteux. Un chemin déterminé par le sentiment des investisseurs, alimenté à son tour par une alternance d’espoir et d’inquiétude quant à savoir combien de temps encore la machine économique restera en grande partie paralysée. 

 

Macro-economische agenda

La Chine redémarre

Les chiffres américains qui figurent à l'agenda « macro » de cette semaine (production industrielle, ventes de détail, ...) datent de mars. Ils reflètent donc de plus en plus l’impact du coronavirus. Mais c’est surtout la Chine qui retient notre attention. Vendredi, nous allons recevoir le chiffre de la croissance pour le premier trimestre. Par rapport à la même période de 2019, on devrait avoir un recul de l’ordre de 6%. 

Il y a ensuite la production industrielle et les ventes de détail pour mars. Ces chiffres, eux aussi, seront précédés du signe moins. Mais ils peuvent laisser entrevoir dans quelle mesure l'économie chinoise redémarre progressivement depuis quelques semaines.

Les chiffres des importations et des exportations reçus ce matin sont, en tout cas, plutôt favorables. Avec une baisse en glissement annuel de 0,9% et 6,6% respectivement, ils dépassent largement les attentes. Ce faisant, toutefois, la Chine n’est pas encore définitivement sortie des starting-blocks. Car si le pays, initialement, était lui-même en lockdown, depuis la mi-mars ses « clients » sont dans le même cas. Ce qui a un impact durable sur le commerce international. Mais relevons malgré tout ce signal encourageant pour commencer la semaine. 

 

 

Publications macroéconomiques importantes

Du 14 avril
au 17 avril

Jour de publication

Regio/land

Publication de

Période

Consensus

Mardi  

Chine

Exportations YoY

Mar

-6,6%

 

 

Importations YoY

Mar

-0,9%

Mercredi

États-Unis

Ventes de détail MoM

Mar

-7,0%

 

 

Production industrielle MoM

Mar

-4,2%

Jeudi

Zone euro

Production industrielle YoY

Fév

-2,0%

Vendredi

Chine

PIB YoY

1Q20

-6,0%

 

 

Production industrielle YoY

Mar

-7,0%

 

 

Ventes de détail YoY

Mar

-10,0%

 

 

Luc Aben - Économiste en chef Van Lanschot