Parler d’une récession est pour le moment prématuré.

Parler d’une récession est pour le moment prématuré.

Blog
03 mars 2020
Economiste en chef Luc Aben dans l’expectative : “il est trop tôt pour vendre ou acheter »

Parler d’une récession est pour le moment prématuré.

 

En outre :

  • La Chine fonctionne au ralenti
  • Le marché de l’emploi américain reste fort
  • Super Tuesday suivi de près par les investisseurs

En termes de nouvelles infections par jour, le mouvement de propagation du coronavirus reste constant à environ 1.000 par jour. La Chine est cependant retombée de plusieurs milliers par jour à environ 400. En termes de pays touchés, par contre, le mouvement continue de progresser. Nous sommes ainsi passés de 26 à 46 pays en une semaine environ.

Les mesures prises pour endiguer l'épidémie pèsent sur l'activité économique. À mesure que le virus s’étend à de nouveaux pays, les marchés financiers envisagent de plus en plus une récession mondiale engendrée par le coronavirus. Au début de l’épidémie, on considérait encore que le premier trimestre pouvait être considéré comme ‘perdu’, surtout en Chine, mais qu’il s’ensuivrait rapidement un mouvement de rattrapage. Aussi bien dans l'économie que sur les marchés financiers. Ce scénario relativement optimiste laisse place à présent à la possibilité d'une récession mondiale.

La crainte grandissante d'une récession est largement ressentie sur les marchés. En voici quelques illustrations : l'indice mondial d'actions MSCI World a cédé douze pour cent (après conversion en euro) depuis son plus haut du 19 février. Le rendement de l’emprunt d’État américain à dix ans, qui sert traditionnellement de refuge en période d'incertitude, est tombé de 1,90% au début de cette année à un niveau historiquement bas de 1,20%. L’once d'or, cette autre valeur refuge, coûte aujourd'hui huit pour cent de plus qu’au début de l’année (en USD).

Door dit alles rijst de vraag of verdere aanpassingen van het beleggingsbeleid nodig zijn? Vooral wat betreft beleggingen in aandelen zijn er twee concrete vragen:

 

Est-il judicieux de continuer à vendre des actions ?
Selon nous, la réponse est non. Il est encore trop tôt pour adhérer à la crainte d'une récession qui submerge les marchés en ce moment. Il va sans dire que la propagation du virus et la réponse des gouvernements seront cruciales en cette matière. Mais si l’on entrevoit, d’ici la mi-mars, une situation sous contrôle, les dégâts économiques pour l’ensemble de l’année 2020 pourraient rester gérables.

En outre, les cours boursiers actuels, qui ont baissé, intègrent déjà un bon nombre de nouvelles négatives. Les marchés semblent déjà tenir compte d'une année dans laquelle les bénéfices des entreprises n’augmenteront pas. Et les autorités, tant monétaires que fiscales, mettront sans doute en œuvre des mesures de soutien.

 

Les cours actuels des actions sont-ils une opportunité d'achat ?
Nous pensons qu'il est encore trop tôt pour cela. Nous voudrions d'abord constater que la propagation du virus perd en intensité. Nous pourrons alors mieux estimer quel en sera l'impact économique final et quand pourrait s’amorcer la reprise. Une reprise qui pourrait être soutenue par les mesures monétaires et fiscales évoquées ci-dessus.

 

Macro-economische agenda

La Chine tourne à 60 pour cent

Le week-end dernier, nous avons reçu des PMI (confiance des entreprises relevée auprès des directeurs d'achats dans l'industrie) extrêmement faibles en provenance de Chine. Ce mercredi, nous allons recevoir le Caixin PMI pour le secteur des services. Lequel, à n’en pas douter, sera faible aussi.

Mais au-delà des chiffres du ‘passé’ de ces dernières semaines, il est peut-être plus judicieux de s’intéresser aux ‘données alternatives’ qui tentent d'évaluer si et dans quelle mesure la Chine peut renouer avec un niveau d'activité plus normal. Songeons au nombre d’embouteillages quotidiens, à la consommation d'énergie, au nombre de conteneurs en attente de transbordement dans les ports, ou même à la vente de billets de cinéma. D’après une estimation grossière, la Chine ne tourne actuellement qu’à environ soixante pour cent de la ‘vitesse’ normale. Avec jusqu’ici une normalisation encore très lente.

 

Le marché du travail reste solide aux États-Unis

Le marché américain du travail s’est encore renforcé au cours des six derniers mois. À en juger par les enquêtes sur la disponibilité des emplois, la tendance sur le marché de l’intérim ou le faible nombre de nouvelles demandes d'allocations de chômage, nous pouvons attendre, vendredi prochain, un bon rapport sur le marché de l’emploi pour le mois de février. 

Dans un tel scénario, les dépenses des ménages, quelque peu décevantes ces dernières semaines, devraient finalement remonter également. 

Dans l’optique de la politique monétaire, l'évolution des salaires est évidemment un autre indicateur important. Jusqu’ici, le niveau élevé de création d'emplois ne s’est pas traduit par une nette augmentation des salaires. Si bien que la Réserve fédérale n’a pas dû recourir à l'arme des taux pour contrer une éventuelle poussée inflationniste.

Il est probable que cette situation ne changera pas à court terme. Parmi les Américains âgés de 15 à 64 ans, près de 72% sont au travail. C'est encore un tout petit peu moins que juste avant la crise de 2008. Au tournant du siècle, on comptait même 75% d'actifs dans ce groupe d'âge. Cette différence, bien évidemment, s’explique en partie par des facteurs structurels, comme le fait d'étudier plus longtemps. Mais malgré tout, la pénurie sur le marché du travail aux États-Unis semble moins prononcée que ne le suggère le taux de chômage de 3,6%. 

Focus sur le secteur américain des services

Nous allons également recevoir les indices ISM américains. Tant pour l'industrie que pour le secteur des services.

C’est le baromètre de la confiance dans les services que nous attendons avec le plus d'intérêt. Il y a une semaine et demie, l’indice similaire tel que mesuré par Markit était apparu nettement inférieur aux attentes. Or, les secteurs de services axés vers l’intérieur sont cruciaux pour que la machine économique américaine continue de tourner à un régime soutenu. Nous ne pensons pas que l'ISM Non-Manufacturing présentera, ce mercredi, un visage aussi timoré. Ne fût-ce qu’en raison du marché du travail tel qu’évoqué ci-dessus.

 

Super Tuesday

Enfin, il convient de mentionner le Super Tuesday lors duquel le Parti démocrate va tenir des primaires dans 14 États en vue de la désignation d’un candidat pour la course à la Maison Blanche. Les investisseurs observent avec méfiance la popularité de Bernie Sanders. D’un côté, son succès les rassure car ils jugent faible la probabilité que Sanders l’emporte contre Trump dans un duel électoral direct. D’un autre côté, les sondages n’excluent pas entièrement un tel scénario. Mieux encore, 54 sondages directs quant au choix entre Trump et Sanders ont donné Sanders vainqueur à 48 reprises ces douze derniers mois. Les investisseurs craignent que Bernie Sanders ne détricote la politique favorable aux entreprises de l’administration Trump.

Les primaires en Caroline du Sud samedi dernier ont en tout cas remis en piste le modéré Joe Biden. Tout peut donc encore basculer d'un côté ou de l’autre, comme l’ont déjà prouvé les élections de 2016...

Publications macroéconomiques importantes 

Du 2 mars
au 6 mars

Jour de publication

Regio/land

Publicatie van

Période

Consensus

Lundi

États-Unis

ISM Manufacturing

Fév

50,5

Mardi

Zone euro

Chômage

Jan

7,4%

 

 

Inflation CPI YoY

Fév

1,2%

 

 

Inflation de base CPI YoY

Fév

1,1%

Mercredi

Chine

Caixin Services PMI

Fév

 

 

États-Unis

ISM Non-Manufacturing

Fév

54,5

 

Zone euro

Ventes de détail YoY

Jan

1,0%

Vendredi

États-Unis

Création d'emplois

Fév

170K

 

 

Salaires horaires MoM

Fév

0,3%

 

 

Chômage

Fév

3,5%

Samedi

Chine

Exportations YoY

Jan-fév

 

 

 

Importations YoY

Jan-fév

 

 

 

Luc Aben - Économiste en chef Van Lanschot