L’économie mondiale a mis les freins

L’économie mondiale a mis les freins

Blog
31 mars 2020
Les chiffres de la confiance des entreprises en Chine, dans la zone euro et aux États-Unis seront bas.

En bref :

  • Activité économique en baisse de 20-25% selon l’OCDE.
  • L'inflation attendue pour l’Allemagne est historiquement basse.
  • Les marchés financiers restent très fluctuants.

 

Quelle sera l’ampleur de l’impact économique du coronavirus ? C’est difficile à prédire. Les estimations émanant de différentes sources vont en sens divers. L’évolution de la propagation du virus et la durée du maintien des mesures de protection sont évidemment des paramètres cruciaux.

L’ampleur et la vitesse avec lesquelles l’économie mondiale a dû mettre les freins sont sans précédent. Les chiffres que nous recevons aujourd'hui étaient encore inimaginables il y a quelques semaines. Un exemple : sur la base de données telles que la consommation d'électricité, la circulation ou les paiements électroniques, le niveau d'activité en France est inférieur de 35% à la normale. Ce doit être du même ordre dans les autres pays. D'après l’OCDE, les différentes formes de lock-down réduisent l’activité économique de 20% à 25% en moyenne.

Dans les prochains jours, nous attendons toute une série d'indicateurs de la confiance des entreprises. Tant en Chine que dans la zone euro et aux États-Unis. Inutile de préciser que les chiffres seront très bas. Même si en Chine, les premiers signes de relance économique seront peut-être perceptibles.

Implosion du marché du travail aux États-Unis

Le rapport sur le marché américain du travail pour le mois de mars (publication vendredi) est encore acceptable. Mais cela n’a aucune signification. Les données sur lesquelles sont basées cette estimation datent de juste avant l’explosion de l’épidémie aux États-Unis.

La semaine dernière, nous avons déjà appris que dans la semaine du 21 mars, il y avait eu 3,3 millions de nouvelles demandes de chômage dans le pays. En une semaine, 2% de la population active s’est retrouvée sans emploi. Et ce chiffre est sans doute encore sous-estimé. Le programme d'aide de 2.200 milliards de dollars est d'un certain secours. Mais il n’est pas exclu qu'il en faudra plus.

Effet incertain sur l’inflation à plus long terme

Les chiffres de l’inflation en Europe sur le mois de mars (publication demain) refléteront l’impact de la baisse du prix du pétrole. Par ailleurs, la chute de la demande entraîne évidemment une pression à la baisse croissante sur les prix.

À un peu plus long terme, il faudra voir quel sera l’impact sur l’inflation des mesures fortement intensifiées prises par les banques centrales et des mesures budgétaires massives. Si, après la reprise économique, une partie de ces liquidités financières reste dans le « système économique », il est possible que l’inflation parte à la hausse. 

Ce qui suscite d’emblée une observation, à savoir que la politique des banques centrales était déjà, ces dernières années, très accommodante. Sans que les objectifs d'inflation aient été atteints. Bref, c’est un facteur à tenir à l’œil, mais il est encore trop tôt actuellement pour se forger une opinion bien définie.

Des marchés fragiles

Les marchés financiers ont continué à fluctuer fortement dans les deux sens pendant la semaine écoulée. Le S&P500 américain a ainsi grimpé de 20% de lundi à jeudi pour ensuite céder à nouveau 3,3% le dernier jour ouvrable. Les marchés obligataires se sont calmés sous l’influence des discours et des actes de type « whatever it takes » des banques centrales. Ceci est on ne peut mieux illustré par le rendement d'un emprunt d’État italien à 10 ans, qui a baissé de 2,4% à 1,3% en une semaine et demie à peine.

Les investisseurs sont toujours dans le brouillard. Nul ne peut prédire quel sera l’impact final de tout cela sur la croissance économique et les résultats des entreprises. Et surtout à quel moment l’économie pourra reprendre le fil. Tant que cette incertitude persiste, la situation sur les marchés restera fragile. 

 

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Du 30 mars au 3 avril

Jour de publication

Région/pays

Publication de

Période

Consensus

Lundi

Zone euro Business Confidence Mar -0,05
Mardi Chine NBS PMI Manufacturing Mar 45,0
    NBS PMI Non-Manufacturing Mar  
  Zone euro CPI Inflation YoY (flash) Mar 0,8%
    CPI Inflation de base YoY (flash) Mar 1,1%
Mercredi Chine Caixin PMI Manufacturing Fév 45,8
  Zone euro Chômage Fév 7,8%
  États-Unis ISM Manufacturing Mar 45,0
Vendredi Chine Caixin PMI Services Mar  
  États-Unis Création d'emplois Mar -100K
    Salaires horaires MoM Mar 0,2%
    Chômage  Mar 3,9%
    ISM Non-Manufacturing Mar