Bourses en berne, marché pétrolier agité

Bourses en berne, marché pétrolier agité

Blog
10 mars 2020
Nous maintenons notre position en actions.

En bref :

  • Pas de ventes au niveau des actions.
  • Autorités et banques centrales prévoient des mesures de soutien.

Après les inquiétudes liées au coronavirus – songeons au lock-down de provinces italiennes – c’est maintenant le marché du pétrole qui s’agite. L'OPEP et la Russie n’étant pas parvenues à un accord sur de nouvelles réductions de la production, l'Arabie saoudite a décidé de se lancer dans une guerre des prix. Avec comme conséquence une chute de plus d’un quart du prix du baril de Brent, à 33 USD. Au début de l'année, on était encore à 70 USD.

Les pays producteurs de pétrole risquent des pertes de revenus. Il en va de même, par exemple, pour le secteur américain du pétrole de schiste, lourdement endetté. Si les prix du pétrole restent bas, il risque de connaître des difficultés financières. L’arrêt des investissements dans ce secteur constituerait aussi un contretemps pour l'économie américaine en général.

Tout cela se fait sentir sur les marchés d'actions. Les bourses sont dans le rouge. Les valeurs refuges, comme les obligations d'État des pays forts de la zone euro ou des États-Unis, en profitent.

 

Notre politique d’investissement

Il va sans dire que nous suivons les événements de près et que nous menons une concertation permanente au sujet de notre politique d'investissement. Les éléments clés sont, pour l’heure, les suivants :

  • Au milieu des turbulences actuelles sur les marchés financiers, il faut se rappeler que notre politique d'investissement a déjà pris, depuis tout un temps, une orientation plus prudente. C’est ainsi que depuis l'été 2019, nous avons une position « sous-pondérée » en actions, à savoir moins d’actions dans un portefeuille diversifié qu’en moyenne sur le long terme.
  • Nous investissons également dans des valeurs refuges traditionnelles, comme les obligations souveraines de pays forts de l'UEM ou les bons du Trésor américain. Et cela malgré des taux faibles, voire négatifs. Mais comme l’ont démontré ces derniers jours et semaines, une saine diversification dans un portefeuille s’avère payante.
  • En ce qui concerne le marché d'actions, en tout cas, nous ne prenons plus la « direction de la sortie ». Avec l’évolution des cours ces dernières semaines, les mauvaises nouvelles sont déjà largement intégrées dans les cours. Songeons au rendement de dividende de certains secteurs défensifs qui est reparti à la hausse. L’immobilier défensif en est un exemple.
  • L'impact économique final du coronavirus dépend évidemment de la manière dont la propagation évoluera. L’espoir initial que la propagation se limite à la Chine, s’est révélé vain. Aujourd'hui, l'Europe et sans doute aussi les États-Unis sont largement touchés à leur tour. La conséquence est que les effets sur la dynamique de croissance mondiale persisteront encore pleinement au deuxième trimestre. Les dommages ne resteront pas limités aux trois premiers mois de l'année. Mais le virus ne va pas proliférer éternellement. L'exemple chinois montre qu'en fin de compte, on arrive à le contrôler. Sans doute après quatre à six semaines. En Chine, l'activité redémarre, bien que très progressivement. Pour la politique d'investissement, la leçon est qu’une cause majeure du ralentissement de la croissance – ce coronavirus – a une « fin concrète probable ».
  • Les décideurs vont agir. Dans un nombre croissant de pays, des mesures de soutien d'ordre budgétaire sont adoptées (report des impôts ou des cotisations sociales, chômage temporaire admis, etc.). Cela devrait aider les entreprises à traverser la difficile période du coronavirus.
  • Les banques centrales peuvent aussi venir à la rescousse. Pas tant en procédant à des abaissements de taux, comme la Fed l’a fait la semaine dernière. Les taux d'intérêt sont déjà bas, en particulier dans la zone euro. Et si des entreprises rencontrent déjà des problèmes, ce n'est pas tant en raison du « prix des liquidités » (des intérêts donc), mais plutôt d’un « manque de liquidités ».
  • La BCE, lors de sa réunion stratégique de ce jeudi, pourrait cependant prolonger ou étendre son système de financement bon marché pour les banques. Avec comme condition spécifique que ces banques rétrocèdent cet argent à des entreprises qui ont besoin d'un apport de fonds pour passer le cap. Cela constituerait une approche plus ciblée qu’un simple abaissement du taux directeur.
  • Pour les importateurs d'énergie en Asie et en Europe, une baisse du prix du pétrole est, au bout du compte, économiquement favorable. Tant pour l'industrie que pour les consommateurs qui voient leur revenu disponible augmenter.
  • Les turbulences sur le marché du pétrole ont des causes multiples, y compris d’ordre géopolitique. On peut néanmoins se demander si, pour les exportateurs de pétrole comme la Russie, le niveau de prix actuel est tenable. Par conséquent, il n’est pas exclu que l’on se remette autour de la table pour soutenir l’or noir.

Une fois encore, nous suivons de près les événements et nous restons constamment en concertation. En cas de changement dans notre politique, dans un sens ou dans l’autre, nous communiquerons à ce sujet le plus rapidement possible.

 

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Jour de publication  Région/pays  Publication de Période  Consensus 
Mercredi États-Unis  Inflation CPI YoY  Fév  2,3% 
    Inflation de base CPI YoY  Fév  2,3% 
Jeudi  Zone euro Réunion stratégique de la BCE     
Vendredi  États-Unis 

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Mar  97