L'économie chinoise va-t-elle se normaliser au deuxième trimestre ?

L'économie chinoise va-t-elle se normaliser au deuxième trimestre ?

Blog
11 février 2020
Si le coronavirus atteint son pic en mars, les dommages économiques seront limités.

Si le coronavirus atteint son pic en mars, les dommages économiques seront limités.

Temps de lecture: 3 minutes

Mais encore:

  • La production industrielle en zone euro ne convainc pas.
  • L’estimation de croissance de l’économie de 0,1% pour la zone euro est même peut-être encore trop haute.
  • Le consommateur américain reste positif.
     

L'impact final du coronavirus sur l'économie chinoise dépendra en grande partie du moment où la propagation du virus atteindra son pic. Selon le modèle actuel, ce moment pourrait se situer aux environs de fin février, début mars.

Si ce schéma se confirme, le chiffre de croissance du premier trimestre absorbera l’essentiel du choc. Ce qui serait un moindre mal dans la mesure où, traditionnellement, ce trimestre est celui qui pèse le moins lourd. Pour commencer, il y a la période de vacances autour du Nouvel An chinois. Ensuite, la construction tourne à un régime plus modéré en période hivernale. 

En moyenne, le premier trimestre représente environ 22% de l’activité annuelle totale de la Chine. À titre de comparaison, le dernier trimestre atteint 28%. Le secteur de la construction ne réalise même que 15% de son volume total annuel sur les trois premiers mois de l’année. 

Bref, si l'activité peut renouer avec un niveau (plus) normal à partir du deuxième trimestre, les dégâts seront somme toute limités sur base annuelle. À partir de cette période, la construction monte en régime et l’« usine du monde » commence déjà la production pour les pics d'achats en Occident, comme la rentrée des classes ou même les fêtes de fin d’année. 
 
Les décideurs chinois, pour leur part, prennent des mesures de soutien. Celles-ci consistent principalement à assurer une liquidité suffisante sur les marchés financiers ou à aider les entreprises à surmonter cette période difficile. 
 
Le scénario ci-dessus semble aussi avoir été pris comme base par les marchés financiers. La semaine dernière, ceux-ci ont (provisoirement ?) chassé de leur esprit la crainte liée au coronavirus. Dans notre politique d'investissement, nous partons nous aussi du principe que le tissu économique chinois ne subira pas de dommages structurels. Ce qui, bien évidemment, n’est pas encore chose faite...

L'agenda macro-économique

Les chiffres « réels » européens ne convainquent pas encore

Du côté de l’agenda macro européen de cette semaine, c’est la production industrielle pour le mois de décembre (publication mercredi) qui attire l’attention. Comme on le sait, l’industrie a souffert en 2019. Mais dans les dernières semaines, nous avons reçu un certain nombre de signaux laissant entrevoir une amélioration. 

Ces signaux, cependant, sont plutôt de l’ordre du théorique. Autrement dit, il s’agit principalement de sondages sur la confiance menés auprès des entrepreneurs industriels. Ces indicateurs restent médiocres, mais ne s’effritent plus. Les chiffres de production concrets, « réels », continuent par contre de baisser en Allemagne, en France, aux Pays-Bas, en Espagne, en Irlande ... 

Il faut une amélioration à ce niveau. Il va sans dire que l'évolution de la situation en ce qui concerne le coronavirus jouera un rôle sur ce plan. Par ailleurs, l’apaisement des tensions commerciales pourrait finalement apporter un soutien. Mais les chiffres de cette semaine ne refléteront pas encore ce scénario. Au contraire.

 

L'économie européenne est-elle au point mort ?

Au vu de la mollesse persistante de la production industrielle et des chiffres (inopinément) décevants des ventes de détail en décembre, il se pourrait bien que l'économie de la zone euro ait stagné au quatrième trimestre 2019. Une première estimation de cette croissance s’est conclue, il y a deux semaines, par un maigre 0,1% par rapport au trimestre précédent. Mais tandis que nous recevons d'autres chiffres pour le mois de décembre, il ne nous surprendrait pas que cette estimation soit encore trop optimiste. Fin de cette semaine, nous recevrons une estimation actualisée de cette croissance pour le dernier trimestre de l'année dernière.

Le marché du travail soutient Joe Sixpack

Aux États-Unis, outre la production industrielle, nous serons également attentifs à diverses données relatives à la consommation, à savoir les ventes de détail et la confiance des consommateurs (émanant de l'Université du Michigan). Au dernier trimestre 2019, la dynamique des ventes de détail s’est quelque peu affaiblie. Mais la solidité persistante du marché du travail reste un élément positif. 

Les nouveaux chiffres de l’inflation aux États-Unis pour le mois de janvier ne devraient pas modifier l’image selon laquelle la Réserve fédérale laissera sa politique de taux inchangée dans les mois à venir. Mieux encore, Jerome Powell rappellera sans doute cette semaine, devant le Congrès américain, qu’en ce qui concerne la Réserve fédérale, l'inflation devrait rester un certain temps supérieure à 2% avant que les banquiers centraux songent à relever le taux directeur. Aux États-Unis également, la politique monétaire devrait donc rester accommodante un petit temps encore.

 

Publications macroéconomiques importantes 

du 10 février
au 14 février

Jour de publication

Région/pays

Publication de

Période

Consensus

Mardi

États-Unis

NFIB Business Confidence

Jan

103,4

Mercredi

Zone euro

Production industrielle YoY

Déc

-2,3%

Jeudi

États-Unis

Inflation CPI YoY

Jan

2,5%

 

 

Inflation de base CPI YoY

Jan

2,2%

Vendredi

États-Unis

Ventes de détail MoM

Jan

0,3%

 

 

Production industrielle MoM

Jan

-0,1%

 

 

Confiance des consommateurs (Mich.)

Fév

89,0

 

Chine

Croissance de l’encours de crédits YoY

Jan

12,1%

 

 

Masse monétaire M2 YoY

Jan

8,6%

 

Zone euro

Croissance du PIB QoQ (2e estimation)

4Q19

0,1%

 

Luc Aben - Économiste en chef Van Lanschot.