Baisse des taux par la Fed : une prévision réaliste ?

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Baisse des taux par la Fed : une prévision réaliste ?

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17 juin 2019
La réserve Fédérale a créé des attentes. Saura et voudra-t-elle y répondre ?

Temps de lecture estimé : 3,4 min

En bref :

  • La baisse des taux par la Fed, une prophétie qui se réalise d'elle-même
  • Notre position actuelle légèrement sous-pondérée en actions-portefueille d'investissement - est plutôt confortable 
  • Il est important que la confiance des entrepreneurs aux Etats-Unis se maintienne


 Cette semaine, tous les yeux sont braqués sur la Federal Reserve (Fed). Quel ton Jerome Powell, le président de la Fed, va-t-il adopter ? Prépare-t-il les marchés pour une baisse des taux en juillet ? Annonce-t-il d’ores et déjà son intervention ? Ou freine-t-il encore les choses ?
Les marchés financiers prévoient quoi qu’il en soit deux à trois baisses des taux pour les prochains mois. Ce qui place la Fed dans une situation difficile. Une situation qu’elle a elle-même créé. Powell s’est acculé lui-même.

Le virage de la Fed

Il apparaissait encore en novembre 2018 que la Banque centrale américaine était loin d’avoir fini d’augmenter le taux directeur. Quelques semaines de Bourse difficiles plus tard, la Fed a toutefois soudainement pris un autre cap. Elle allait encore un peu réfléchir et faire dépendre sa politique des données économiques. Ces données, bien que parfois instables ces derniers temps, sont actuellement toujours plutôt positives pour les États-Unis. Et quoi qu’il en soit pas assez incertaines pour rendre une baisse radicale des taux nécessaire.

Néanmoins, Powell a cru nécessaire, il y a deux semaines, de déclarer que la FED était prête à assumer les conséquences d’une éventuelle aggravation du conflit commercial. Les investisseurs se sont empressés d’interpréter ceci comme une demi-annonce d’une baisse imminente des taux. Les marchés financiers estiment la possibilité, après-demain, d'une intervention à la baisse, à près de 30 %. La possibilité d’un maintien du niveau actuel des taux après la réunion de fin juillet de la Fed est seulement estimée à 11 %. À titre de comparaison : avant l’intervention de Powell, ce pourcentage était encore de 80 %.

Voilà où nous en sommes. Ou plutôt : voilà où en est la Fed. Une politique ou un ton trop réservé quant à une baisse des taux pourrait décevoir les marchés. Ce qui risque de nous plonger dans une prophétie qui se réalise d’elle-même : la Fed crée des attentes mais ne peut pas (encore) y satisfaire compte tenu de la situation économique, les marchés sont déçus et la Fed se sent obligée d’intervenir une nouvelle fois par en assouplissant sa politique monétaire.

Les investisseurs vont trop vite en besogne

Nous pensons toutefois que les investisseurs vont trop vite en besogne en ce qui concerne leurs attentes vis-à-vis d'un tel assouplissement. Du moins en termes de timing. Nous nous attendons à ce que Powell reste, après-demain, plutôt vague.

Beaucoup dépendra par exemple de la manière dont évoluera le conflit entre les États-Unis et la Chine. Si Trump et Xi parvenaient à renouer le dialogue lors du G20 à Tokyo fin juin, la situation pourrait être tout à fait différente. Même si cela est peu probable aujourd'hui, il peut encore se passer bien des choses en deux semaines à ce sujet.

Quoi qu'il en soit, la Fed reste effectivement vague, et les investisseurs pourraient y réagir de façon négative. De ce fait, notre actuelle position légèrement sous-pondérée en actions dans notre portefeuille d'investissement, est plutôt confortable. La question de savoir si et comment nous adapterons ce positionnement au cours des prochaines semaines dépend de la/des banque(s) centrale(s), mais aussi de la croissance économique. Nous attendons toujours des signes indiquant une remontée au cours du second semestre. Et tout comme la Federal Reserve, nous regardons en direction de la politique internationale pour savoir si nous devons y contribuer ou non.

La confiance des entrepreneurs aux États-Unis est particulièrement intéressante

En ce qui concerne cette croissance économique, les chiffres les plus importants figurent cette semaine à l’ordre du jour de vendredi : la première estimation pour les indices Markit PMI (confiance des entrepreneurs) aux États-Unis et dans la zone euro.

Peu de changements sont attendus pour l’Europe à ce niveau. Il n’y a pas vraiment de raison que le score de confiance de l’industrie manufacturière (PMI Manufacturing) présente une amélioration digne de ce nom. Ce baromètre se trouve depuis février sous le score critique de 50, ce qui correspond à un rétrécissement. Le secteur des services se porte mieux (PMI Services). Il est davantage orienté vers la scène nationale et est pour l’instant moins incommodé par le ralentissement de la croissance mondiale et du commerce international.

Mais ce sont les chiffres provenant des États-Unis qui sont les plus intéressants. Le mois passé, tant le Manufacturing PMI que le Services PMI s’est dangereusement rapproché du score critique de 50. Depuis, on a une alternance de chiffres économiques positifs et de chiffres économiques incertains. Certes avec une légère prédominance des variantes positives. Si toutefois les nouveaux indices Markit PMI n’affichent pas de reprise à la fin de cette semaine, il faudra bien examiner la question de savoir si une telle prédominance des chiffres positifs est défendable.


Principales publications macro-économiques

Du 17 juin au 21 juin inclus

Jour de publication

Région/pays

Publication de

Période

Consensus

Mardi

Allemagne

Indice ZEW

   Juin         -5,8
Mercredi Etats-Unis Réunion de politique de la Fed     
Jeudi Etats-Unis CB Leading Indicator MoM     Mai         0,1%
  Zone euro  Confiance des consommateurs    Juin         -6,7
 Vendredi Zone euro Markit PMI Manufacturing (flash)    Juin         48,0
    Markit PMI Services (flash)    Juin         53,0
   Etats-Unis Markit PMI Manufacturing (flash)     Juin         50,5
    Markit PMI Services (flash)    Juin         51,0